Droit d’auteur : Julia Reda au rapport

décembre 18th, 2014

La première contribution du Parlement Européen pour la prochaine réforme du droit d'auteur sera un rapport sur la mise en œuvre de la directive précédente de 2001 sur le droit d'auteur et les droits voisins.
Julia Reda, députée Pirate, rapporteur de ce rapport a présenté son projet en commission.

« Le Parlement m'a nommé rapporteur de ce rapport. Cela signifie que durant les prochains mois, je vais l'écrire, négocier avec mes collègues d'autres groupes (appelés « rapporteurs fictifs »), le conduire au vote en Commission des Affaires Juridiques et enfin devant l'ensemble du Parlement.
J'ai présenté mes plans lors de la dernière réunion de la Commission des Affaires Juridiques et les ai discutés avec les eurodéputés d'autres groupes
»

Retrouvez la vidéo de l'échange et l'agenda du projet sur le blog de Julia Reda : "Mon rapport sur le droit d'auteur dans l'UE"

Gageons que Mme. Pellerin et les représentants d'ayants droit du CSPLA suivront avec attention les débats [1].


Le Parti Pirate demande la protection des lanceurs d’alerte

décembre 13th, 2014

Pour avoir voulu dénoncer un système de corruption présumé, Patrick Malick, ancien entrepreneur de Moselle, vit un véritable calvaire.
Signataire de la charte Anticor [1], Le Parti Pirate considère les lanceurs d'alerte comme un élément important pour toute société libre et démocratique.

Les lanceurs d'alerte ont une valeur sociale qui mérite protection comme cela a déjà été établi pour le secret des sources des journalistes et de la presse.

Le Parti Pirate prône une disposition législative générale pour la protection des lanceurs d'alerte, cela est urgent. Le droit actuel (code du travail, code civil, ...) en ce qui concerne l'alerte n'est pas compréhensible pour les profanes, et représente donc une insécurité juridique inacceptable.

Nous, Pirates, réaffirmons notre volonté de protéger les lanceurs d'alerte et apportons tout notre soutien à M. Patrick Malick dans les moments difficiles qu'il traverse.

Les lanceurs d'alerte ne sont pas des "balances" mais des personnes qui ont le courage de s'opposer à la corruption et l'injustice.


Le tout répressif des ayants droit

décembre 9th, 2014

Le Parti Pirate a appris cet après midi qu'une perquisition aurait eu lieu dans les locaux où sont hébergés les serveurs de The Pirate Bay. Les services de cette plateforme de recherche de fichiers de partage pair à pair sont inaccessibles depuis 14h.

Les ayants droit semblent mettre en place une action coordonnée et de grande envergure contre ce service en ligne, cette opération ayant lieu quelques jours après la décision du tribunal de grande instance de Paris d'obliger les FAI à filtrer l'accès de leurs clients [1].

Est-ce à dire que les réseaux de distributions commerciaux qui font du loobying en cette fin d'année ont gagné leur bataille ? On peut en douter tant leurs efforts durent déjà depuis longtemps. Pour les fêtes, les usagers pourront se rendre sur les nombreuses solutions alternatives comme : https://kickass.so/ ou http://www.yify-torrent.org/. S'ils préfèrent les sites de streaming : http://fırstrowsports.eu/ ou http://www.primewire.ag.

Le Parti Pirate déplore la solution "tout répressif" qu'emploient les ayants droit alors même qu'ils ne prennent pas même la peine de présenter une offre légale complète, agréable et accessible. Ils se refusent à la construction d'un modèle économique cohérent avec la dématérialisation des biens de l'esprit. Les intermédiaires marchands ne favorisent ni la culture, ni les artistes, ni le public. "Il est de première importance que la ministre de la culture, qui doit représenter l'intérêt des citoyens,
entende d'autres sons de cloches que celui des ayants droit. Nous voulons participer à une consultation dans le cadre de la loi Culture et numérique." rappelle Thomas Watanabe-Vermorel, porte parole du Parti Pirate.


Droit d’auteur : Stop à l’acharnement thérapeutique !

décembre 8th, 2014

Le tribunal de grande instance de Paris a rendu, jeudi 4 décembre 2014, un jugement ordonnant aux quatre plus importants fournisseurs d'accès du marché de bloquer le site https://thepiratebay.se . Une liste de sites miroir, d'alias et de proxy est également visée, parmi lesquels une adresse du Parti Pirate : https://tpb.partipirate.org . Pris à parti, les Pirates déplorent ce jugement et les lois qui le fondent. En l'état, s'agit d'acharnement thérapeutique pour le business modèle des sociétés d'« ayants droit ». Un acharnement aussi inutile que nuisible.

Mesures inefficaces et antidémocratiques

Ces mesures ordonnées par le tribunal de grande instance seront contournées par les utilisateurs. C'était vrai à la fin des années 90, ça l'est encore plus à l'époque du web collaboratif et des échanges de liens par réseaux sociaux. Parmi les nombreuses possibilités que les usagers ont à leur disposition, avant même que les F.A.I. ne suspendent effectivement notre miroir, nous vous en proposons un nouveau qui n'est pas visé par le jugement : https://partipirate.org/thepiratebay [1]. Le juge écrit qu'il espère que les usagers ne soient pas capables de changer rapidement leurs habitudes : il démontre que les plaignants n'ont toujours pas compris la nature d'internet et de ses usages.
Incidemment, les mesures visant The Pirate Bay touchent un parti politique, le nôtre, qui offre des services de partage par le biais de cette plate-forme. Lisez bien “services de partage” et non piratage. The Pirate Bay nous a permis de diffuser nos bulletins de vote à l'occasion des élections : une aide précieuse compte tenu de nos moyens modestes. Une page web d'un parti politique dûment enregistré est fermée par un jugement et ce parti n'a pas même été invité pour s'exprimer. Il l'apprend par voie de presse. N'y a t-il pas là quelque chose de problématique pour la bonne marche de notre démocratie ?

Un coût exorbitant

Ce n'est pas tant le jugement qui nous navre que la législation sur laquelle il s'appuie. Les lobbys des sociétés de distribution, des groupes qui ont capitalisé les droits d'auteurs font pression sur les gouvernements pour conserver leur position au sommet de la pyramide des industries culturelles. Le débat est amputé. Ces groupes essayent de garantir un business modèle qui ne tient plus que par un ensemble de lois complètement déconnectées de la réalité des pratiques. Bien que l'œuvre soit reproductible sans surcoût, ils s'efforcent d'entretenir le principe de rareté qui est complètement artificiel. Comme tout ce qui va à l'encontre du cours naturel des choses, le coût est exorbitant.
Coût financier d'abord, que les citoyens payent à l'unique profit des ayants droit. Depuis sa création, la H.A.D.O.P.I. - ses salariés eux-mêmes doutent de l'avenir [2] - n'a rendu aucun service aux citoyens et nous coûtera encore 6 millions d'euros l'an prochain. Coût démocratique surtout puisqu'il s'agit de demander à l'État de perdre sa neutralité au profit de quelques acteurs, d'instaurer une société de surveillance et de criminalisation des citoyens pour opposer les ayants droit aux "sans droit". Droit au profit d'abord, droits constitutionnels bien après quand la « justice » se fait administrative et sans débat contradictoire. Et le tout, rappelons-le, pour prolonger l'agonie d'un système qui a vécu.

Libérer la création

Les études [3] montrent assez que le numérique est un vecteur de croissance pour les industries créatives, que le piratage a un effet neutre, voire positif sur les ventes. Nombre d'artistes, reconnus ou non, se servent utilement des téléchargements libres pour développer leurs revenus. Nous pensons à Paulo Coelho qui n'a finalement pu entrer sur le marché russe qu'une fois que les diffuseurs de cette région du monde ont constaté, au vu des téléchargements libres, un débouché possible. Le modèle actuel ne protège pas les artistes pour lesquels il existe d'autres façons de vivre de leur art. Il protège les société d'ayants droit qui vivent à leur dépens. Pour une chanson achetée à Universal, Sony, Itunes, quelle part revient à l'auteur ? Quelle proportion des artistes enregistrés à la SACEM sont correctement rémunérés ?
Les Pirates sont les alliés des auteurs. Les Pirates valorisent la culture et souhaitent la libérer du carcan légal verrouillé par les lobbys.
Mais revenons au jugement du 4 décembre. Il précise que The Pirate Bay mentionne sur sa page d'accueil « recherche pirate »'. Le mot « pirate » tomberait-il désormais sous le coup de la loi comme circonstance aggravante ou preuve de mauvaises intentions ? Que dire alors de notre formation pourtant légale ? Faudra-t-il la récuser à l'instar de la Russie ? [4] Faudra-t-il accuser Mme Hidalgo qui déclarait, quand elle était candidate à la mairie de Paris, vouloir diffuser l'esprit pirate dans la capitale ? [5] À l'époque d'internet, être Pirate est un état d'esprit. C'est être attaché aux libertés, au partage de la connaissance et de la culture et à la démocratie permanente, de pair à pair, en toute égalité.

Pour un débat ouvert

Nous prions donc les acteurs et les décideurs d'accepter un débat ouvert, dépourvu de dogmatisme et sans la pression des lobbys. Nous enjoignons Madame Pellerin, ministre de la culture, d'accepter la main tendue par Julia Reda [6], députée européenne, Pirate ne vous en déplaise, pour travailler à une redéfinition du droit d'auteur qui sera pertinente dans le contexte de notre époque. Il est vital pour le bien de nos États de revaloriser sérieusement la politique culturelle. Elle ne doit plus se borner à la défense d'intérêts particuliers mais viser à la diffusion de la culture au plus grand nombre ainsi qu'à la création la plus variée. L'acharnement thérapeutique ne sert à rien : vivent les auteurs, vive le public !


Fiers d’être Européens

novembre 14th, 2014

Aujourd'hui où nos regards sont tournés vers le ciel, nous, Pirates, souhaitons clairement indiquer notre fierté d'avoir contribué, comme tous les citoyens européens, à l'aventure de la sonde Rosetta

La réforme fiscale, l'armée européenne, la lutte contre les lobbys, la pauvreté, sont quelques-uns des sujets sur lesquels l'Europe actuelle n'a pas encore trouvé sa voie.

Mais le succès majeur que constitue la mission spatiale Rosetta [1] [2] nous révèle néanmoins ce qu'une mise en commun de moyens peut avoir d'effets positifs. Car c'est bien grâce à l'Europe et à la coopération européenne que ce projet a été mis en oeuvre. Il est de notre devoir de faire valoir cet élément au moment où les partisans euro-sceptiques oublient de dire combien ces projets apportent à notre monde. Au moment où les partisans de la peur de "l'autre" invitent à se replier encore un peu plus chez soi, à s'enfermer toujours plus.

Après la découverte récente du boson de Higgs par l'Europe [3], c'est aujourd'hui vers le ciel que nos yeux se tournent pour regarder l'excellence du travail conjoint des états membres de l'Europe.

Alors oui, aujourd'hui Mardi 12 Novembre 2014, nous, Pirates, sommes fiers d'être européens.


Barrage de Sivens

octobre 30th, 2014

Le Parti Pirate fait part de sa vive émotion face à la mort brutale de Rémi Fraisse, et exprime son soutien chaleureux à ses proches, parents, amis et compagnons de lutte dans le malheur qui les touche. Il est absolument inacceptable dans une démocratie qu'un jeune puisse être tué pour avoir été un défenseur de la nature.

De l’incertitude 2.0

octobre 30th, 2014

Le rectorat de Lille a menacé d'un blâme un enseignant coupable d'avoir publié sur son blog un billet, intitulé de façon prémonitoire « De l'incertitude 2.0. ». Prétextant du « devoir de réserve », le rectorat a obtenu la fermeture du blog. Au nom du respect de la liberté d'expression, nous reproduisons ici ce billet et demandons au Président de la République de retirer toute menace de blâme envers l'enseignant et de lui donner toute liberté de développer ses idées sur son blog.

L'auteur du blog est chef de projet numérique dans un réseau de ressources pédagogiques rattaché au ministère et très actif depuis des années sur les questions du numérique dans l'enseignement.
Demain jeudi, le François Hollande et Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation, ont prévu de communiquer sur le numérique à l'école. Au nom du respect de la liberté d'expression, nous reproduisons ici ce billet et demandons au Président de la République de retirer toute menace de blâme envers l'enseignant et de lui donner toute liberté de développer ses idées sur son blog.

Copie du billet publié sur le blog (__ Au coin de la rue de Lannoy _ ) fermé par son auteur menacé d'un blâme par le rectorat de Lille (voir Libération en date du 29 octobre 2014). Ce billet a été récupéré par le blog http://www.disons.fr

Préambule

Ce billet est incertain. Produit d'un trouble. Autant que d'une sensation étrange qui semble s'affirmer au fil du temps et des hésitations.
Ces mots sont aussi le reflet d'une profonde inquiétude. Sans certitude ni postulat de départ. A l'arrivée un billet bien incertain qui pourrait en rendre plus d'un chagrin.

Une image pour commencer. Elle sera certainement plus parlante que toute démonstration. [ici, dans l'article original, la photo au rectorat d'un ordinateur passablement obsolète, NDLR]

Le TO8, totem d'un temps révolu ? Pas au rectorat visiblement.

Ce cliché date de mardi dernier (21 octobre 2014). Oui, photographie de cette année. Elle rassemble le trouble qui agite ma modeste personne. Autant qu'elle est la synthèse de ce que certains de mes amis ont écrit récemment. Notamment François ou Bruno.
Ce cliché illustre à merveille : »"

l'illusion technologique
l'inertie de notre système éducatif
l'échec d'un évangélisme digital

Et pose cruellement la question du conservatisme.

Examinons chacun de ces points.

L'illusion technologique

Pas plus tard qu'hier, lors de la visite du Learning Center La halle aux sucres (à Dunkerque) j'entendais à plusieurs reprises « le numérique est un acteur majeur… ». Je suis resté courtois. Point de parole coupée ni de prise de judo oratoire. Je n'étais qu'un bien modeste hôte.
Mais voilà bien une vision tout à fait indigeste témoignant de cette fascination pour la technologie que je ne peux plus supporter. A tel point que toute injonction pour une école numérique en vient à me donner de l'urticaire.

Cette fascination pour la technologie, et notamment les outils numériques, tétanise. Elle focalise la pensée sur l'extrémité et non pas sur le point d'origine, celui qui manie l'outil. Elle polarise les énergies vidant le moteur de tout son fuel. Elle sacrifie celui qui agit au profit de l'outil que l'on vénère.

Sacralisation de l'appareil aux dépends de la conscience. Voilà un bien triste retournement : les next big things sont attendues comme des messis, la messe étant dite visiblement pour l'apprenant ou l'enseignant. Quand la religion de l'outil multiplie les totems, la chair n'est plus très chère : on en vendrait son âme pour le dernier iPhone.

Serait-ce les propos d'un apostat du digital ?
Je garde encore un souvenir amer d'une dispute numérique passée IRL il y a maintenant quatre ans déjà. Je voyais le sens de l'un de mes billets – traitant de l'impact de l'iPad (la première version) sur ma manière de travailler – aller dans une direction contraire à celle envisagée. Dans ce billet, il n'était nullement question de révolution. Mais c'est bien ce mot qui lui fut accolé. Ma colère me valut alors une certaine forme de distance avec certains de mes contacts sur Twitter. Ce n'était qu'un mot, oui. Mais tellement connoté que j'eu alors bien du mal à le reprendre à mon compte, mais dans son acceptation étymologique, c'est à dire un retour à une position initiale.
Je persiste et signe à ce sujet : les outils numériques sont, à mon humble avis, une opportunité pour revitaliser des pratiques pédagogiques anciennes, mais ô combien pertinentes, comme la déambulation ou les approches de Freinet.

Illusion donc. Illusion de croire que l'objet puisse être performatif par lui-même. « Distribuons des TBI et des tablettes, et vous verrez, plus rien ne sera comme avant ! » Mais c'est justement l'inverse qui se produit !

L'inertie de notre système éducatif

Notre institution fonctionne par plan. C'est dans ses gènes. Son ADN contient cette logique massive de la distribution de matériel, tombé du ciel, qui s'impose du jour au lendemain dans les salles de classe. Logique aux antipodes de celle de projet. Cette volonté commune qui tient de la roadmap : on a un alpha, un omega et des étapes à franchir. En somme, le plan est à la réflexion ce que Lara Fabian est à la chanson. On crie fort pour s'imposer. Sans nuances et sans considérations pour l'assistance.

Les racines de ce fonctionnement sont anciennes. Et je n'ai pas la prétention d'en faire un historique et une analyse critique. Mais quelques mots néanmoins. Dans sa mécanique, l'Education Nationale est organisée pour un flux top / down. Et en dépit des discours et autres prises de position pour promouvoir des actions locales, rien ne prédispose notre institution à accepter les reflux de la base vers le sommet. En somme, aucun cercle vertueux ne peut se mettre en place. En matière géométrique, le triangle est la norme. Le cercle est juste bon pour les groupuscules snifant de l'horizontalité ou du collaboratif (drogues pourtant reconnues d'utilité publique).

Ainsi, aucune force n'est plus vive que celle de la gravité. A l'inertie supposée du Mammouth, songeons davantage à sa gravité. Plaquant au sol ; attirant en son sein tout astre se voulant autonome (pour le carboniser ensuite lors de la traversée atmosphérique)… C'est bien sous le poids de milliers d'appareils distribués que l'anaérobie s'installe. Et ce ne sont pas les péroraisons qui feront décoller les usages ni se multiplier les anges de la pédagogie.

L'échec de l'évangélisme digital

Les différents plans informatiques depuis 30 ans n'auront pas consacré la fin d'un système éducatif élitiste reposant sur un substrat profondément normalisateur. Bien au contraire. Sous des apparences de modernité (un mot valise qui sert surtout à cacher les cadavres), ces plans n'auront fait que cristalliser. Du plan à l'Evangile, le glissement est rapide, surtout dans un contexte cultuel techno-centré où les prêtres sont d'abord les profs de techno (pourquoi diable laisser ces humanistes archaïques s'emparer de pareil sujet ?).

L'évangélisation digitale menée par notre institution n'aura réussi qu'en un seul domaine : renforcer la parole des réfractaires qui sont brillants pour jeter le bébé avec l'eau du bain. Autrement dit, en dénonçant le numérique, la pédagogie est mise au pilori (ah cette fameuse expression pedagogo). L'aveuglement institutionnel est terre nourricière pour les néos.

L'Etat fait un bien mauvais pèlerin. Les routes du monde numérique peuvent être pavées des meilleures intentions (combler le fameux retard français…). Mais ce n'est pas la route qui compte : regardons les chemins de traverse et les sentiers. Sortons du fossé ceux qui se sont sentis incompris, incompétents ou inaudibles !

Enseignants innovants et CDR

J'ai toujours refusé de me voir comme innovant. Mes articles et autres tweets en témoignent. Comme j'ai toujours refusé de me rendre au forum des enseignants innovants. Outre le fait que je ne voulais pas être perçu comme un VRP (ce danger me guettant suffisamment avec mes certifications Apple), rien ne semblait justifier que je puisse me revendiquer comme innovant. »"Qu'aurais-je donc apporté à la pédagogie ? Qu'aurais-je créé qui n'existait pas auparavant ? RIEN. Je me suis toujours appuyé sur des travaux antérieurs. Sur des épaules de géants.

Loin de moi l'idée de nier la grande intelligence de mes collègues qualifiés d'innovants. Je confesse même adorer certains d'entre eux. Je pense notamment à François Jourde. Mais ces brillants enseignants créent un véritable champ de distorsion de la réalité.

Depuis trois ans, j'ai eu la chance de rencontrer de nombreuses équipes enseignantes. Certaines que j'ai pu suivre d'ailleurs sur plusieurs années. Ces échanges m'ont conforté sur une chose : le numérique n'est que vernis. Le digital s'impose le plus souvent sur une surface rarement compatible. Comme si l'on s'évertuait à construire des tours sur des sols marécageux. Là où on impose du numérique, c'est de la pédagogie qu'il faut prodiguer.

Conserver / progresser

Argument en apparence imparable : le numérique est un progrès. Ces outils vont faire progresser vos élèves. Vous allez gagner un temps précieux en classe. blablabla…
Cet argument du progrès est plutôt un bel exemple de conservatisme : on le ressort du formol régulièrement. Autant pour justifier la colonisation d'un continent que pour creuser en plein Alaska pour trouver du pétrole.

Or, le numérique ne peut être un progrès que si l'on s'entend sur ce qui doit être conservé (et pourquoi) et sur ce qui doit être revu. Car si les MOOC sont un progrès par exemple, c'est d'abord le progrès du magistral. Car si les tablettes sont un progrès, c'est d'abord le progrès économique des sociétés qui les ont créées.

Conclusion

Evitons donc deux pièges. Celui du fraîchement digital-converti qui évangélise en excluant et dénonçant toute pensée contradictoire (aussitôt taxée d'hérésie). Et celui du révisionniste qui réécrit l'histoire en rejetant les échecs de l'école sur le numérique (procédé commode qui évite de se poser les bonnes questions).
Le numérique n'est qu'un ensemble d'outils. Sans doute au potentiel gigantesque. Mais rien de plus néanmoins que des outils. Plus que jamais, la pédagogie doit redevenir la priorité. Les arts de la transmission, du dialogue et de la construction intellectuelle sont peut être magnifiés par le numérique. Mais encore faut-il qu'ils soient vivants pour l'être. Et pour cela, il ne faut cesser d'encourager les enseignants à d'abord épouser leur rôle : celui d'accompagnateur et de conseiller afin d'aider l'élève à grandir. L'intendance numérique suivra.

PS : Que ce billet soit aussi une ode à Anne Andrist. Merci pour sa relecture et ses conseils toujours judicieux.

Weed like to talk

octobre 18th, 2014

Liberté et démocratie, deux engagements majeurs pour le Parti Pirate qui apporte son soutien à l'Initiative Citoyenne Européenne, "Weed like to talk" pour une harmonisation des législations européennes sur l'usage du cannabis. Cessons une hypocrisie coûteuse socialement et prenons le meilleur des expériences européennes pour une réglementation adaptée aux pratiques d'aujourd'hui.

La transparence approximative d’Anne Hidalgo

octobre 10th, 2014

Deux contre vérités et une omission :
Dans un communiqué en date du 8 octobre publié sur le site de la ville de Paris, Anne Hidalgo affirme que « Le Conseil de Paris a adopté en mai dernier un code déontologique unique en France, fondé sur cinq valeurs : intérêt public, probité, impartialité, indépendance et exemplarité » et (…) « que Paris est la première collectivité à adopter une telle démarche volontaire ». Enfin que « la HATVP (Haute autorité pour la transparence de la vie publique) souligne en retour qu'elle « approuve cette initiative ».

A l'occasion des municipales, l'association ANTICOR a élaboré une charte, signée par plus de 200 têtes de listes de toutes les couleurs (dont les candidats du Parti Pirate) aux élections municipales. Cette charte comprend 9 engagements traduisant une ligne éthique, défendue par ANTICOR depuis sa création : non-cumul des mandats et des fonctions exécutives, bonnes pratiques de gestion, transparence, reconnaissance des droits de l'opposition, participation citoyenne, publicité des informations importantes sur la gestion locale, exigence de probité, lutte contre le trafic d'influence, rigueur dans le choix des organismes prêteurs de fonds à la collectivité. Les deux têtes des listes parisiennes PS-PCF et UMP-UDI-MODEM ont refusé de signer cette charte.
L'AFP a publié un communiqué sur cet avis qu'elle s'est procuré, mais qui ne figure pas sur le site de la Haute autorité. Interrogée, la chargée de communication de la HATVP confirme que ce document est confidentiel sauf si la mairie décide de le rendre public comme prévu dans la loi sur la transparence du 11 octobre 2013, article 20 qui dit effectivement que la HATVP « répond aux demandes d'avis des personnes mentionnées au 1° du présent I sur les questions d'ordre déontologique qu'elles rencontrent dans l'exercice de leur mandat ou de leurs fonctions. Ces avis, ainsi que les documents sur la base desquels ils sont rendus, ne sont pas rendus publics ». Etonnant paradoxe d'une loi sur la transparence qui adopte une démarche non transparente.
D'après l'AFP reprise par le journal Libération, la HATVP a formulé un certain nombre de remarques de nature assez critique comme « en ce qui concerne la déclaration d'intérêts, la Haute Autorité s'interroge sur les raisons ayant conduit le Conseil de Paris à retenir un contenu plus restrictif que celui déterminé par le législateur à l'article 4 de la loi du 11 octobre 2013, en n'incluant pas dans ces déclarations les activités de consultant (...), les fonctions et mandats électifs (...) et les activités professionnelles exercées par le conjoint, le partenaire lié par un pacte civile de solidarité ou le concubin ».
Dans son communiqué du 8 octobre, la mairie de Paris est obligée de concéder que « Le contenu des déclarations de patrimoine et d'intérêts sera complété pour reprendre l'ensemble des éléments prévus par la loi du 11 octobre 2013 », ce qui relativise quand même le caractère « unique » de la démarche parisienne.
Les Pirates de Paris renouvellent la question formulée à l'occasion des élections municipales : pourquoi les deux candidates têtes de liste parisiennes PS-PCF et UMP-UDI-MODEM ont-elles refusé de signer la charte ANTICOR ? Ne serait-ce pas par refus de s'engager sur une charte plus précise, plus contraignante et surtout peut-être pour ne pas avoir à signer un texte dont la phrase conclusive dit que « Le signataire déclare être informé de ce qu'il engage sa responsabilité contractuelle et que l'Association pourra agir en justice en cas de violation de ces engagements. »

PS. Après complément d'information, le communiqué a été diffusé à la presse accompagné de l'avis intégral de l'avis de la HATVP, mais sur le site de la ville de Paris consulté le 10 octobre au matin, il n'y a aucun renvoi à cet avis. Cela est d'autant plus étonnant que le dernier article de l'avis dit : “Si la Ville de Paris souhaite se prévaloir ou donner quelque diffusion que ce soit au présent avis de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique celui-ci ne vaut et ne peut, par suite, être mentionné que dans son intégralité. »
Décidément la transparence est un exercice difficile.

Manifestons notre soutien aux démocrates de Hong Kong

octobre 2nd, 2014

Le Parti Pirate appelle à manifester ce samedi 4 octobre, place de la République à Paris, en soutien aux manifestants démocrates de Hong Kong.

Les Pirates demandent à François Hollande, Président de la République, à Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et à Manuel Valls, Premier ministre, de rappeler l'attachement indéfectible de la France aux Droits de l'Homme et à la Démocratie en soutenant les manifestants de Hong Kong qui luttent pour la liberté.

Les Pirates appellent aussi les citoyens concernés par la démocratie dans le monde comme en France dans un contexte de privation toujours plus grand des libertés fondamentales à venir manifester également, place de la République à Paris, ce samedi à 15h.