La Loi Renseignement entre au ministère de la Justice

janvier 27th, 2016

Aujourd'hui Christiane Taubira a remis au Président sa démission suite à son opposition au projet de réforme de la constitution. Elle s'est exprimée en ces termes sur Twitter : "Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l'éthique et au droit.". Jean-Jacques Urvoas, auteur de la Loi sur le Renseignement, a été nommé à sa place, ce qui, pour le Parti Pirate, fait redouter le pire.

C'est sans surprise que le Parti Pirate a pris connaissance de la démission de Madame Chistiane Taubira de son poste de ministre de la Justice. Cette dernière s'était opposée frontalement au Président de la République et au Premier Ministre dans leur quête insatiable de lois liberticides. Opposée au projet de réforme de la Constitution, Madame Taubira n'avait pas hésité à faire entendre sa voix pour dénoncer, entre autres, la déchéance de nationalité.

Si Madame Taubira a pu mener des politiques qui ont été contestées, elle reste l'auteure de projets ambitieux. Nous n'oublierons pas que c'est à elle que nous devons l'ouverture du mariage aux couples de même sexe. Nous saluerons également sa volonté de ne pas intervenir dans le travail des procureurs de manière directe, insufflant ainsi un espoir de voir le Parquet gagner en indépendance.

Mais le plus inquiétant est le choix de son successeur : Jean-Jacques Urvoas. Ce dernier n'est autre que l'auteur de la très liberticide Loi sur le Renseignement qui autorise toutes les dérives possibles en terme de violation de la vie privée. Monsieur Hollande envoie un message très clair en nommant l'un de ses proches à ce poste régalien. Il ne tolérera plus la moindre opposition vis-à-vis de sa politique sécuritaire.

Finalement, nous ne demanderons pas la démission de Jean-Jacques Urvoas, comme d'autres ont pu le faire pour Christiane Taubira. C'est une exclamation peu constructive. De plus, pour nous, il est déjà trop tard dans la surenchère sécuritaire. Nous ne pouvons qu'appeler à la prise de conscience de nos concitoyens et de nos élus, ainsi qu'au réveil démocratique de tous.

OS Souverain

janvier 21st, 2016

Les parlementaires proposent que l'État français se penche sur la création d'un système d'exploitation souverain. Bien que l'idée puisse sembler intéressante puisqu'il remplacerait des produits, tel Windows au ministère de la Défense, il faut se rappeler que l'État n'arrive pas à mener à bien des grands projets numériques comme le "Cloud Souverain", Louvois, SIRHEN... au bénéfice de grands groupes avides d'argent public. Le Parti Pirate propose donc à l'État d'aider les systèmes d'exploitation libres déjà existants en les finançant et en les aidant pour améliorer leur robustesse, plutôt que de lancer un grand chantier.

Le Parlement planche actuellement sur un projet de loi numérique. Parmi le lot d'amendements est apparu un projet de création d'OS souverain [1] [2]. Un logiciel remplaçant Windows ou Linux, "Made in France" ... les moqueries fusent, pourquoi donc ?

Plusieurs affaires concernant les choix du gouvernement, des régions, les marchés qu'ils ont ouverts (ou pas) [3] , les partenariats qu'ils ont conclus [4] posent problèmes aux défenseurs des libertés, notamment le Parti Pirate.
L'une des solutions si l'on ne veut plus voir Microsoft faire ce qu'il veut dans les ministères, c'est d'avoir un OS Souverain. C'est un projet qui peut ouvrir des solutions intéressantes.

En revanche, il est de notre devoir de ne pas oublier que les grands chantiers du numérique et les pouvoirs publics ne vont pas bien ensemble :

Il y a l'erreur la plus récente, la création d'un acteur souverain dans les technologies du "cloud". 150 millions d'euros pour démarrer. Moins de deux ans plus tard, Cloudwatt et Numergy [5] n'ont eu qu'un résultat : permettre à des industriels (Thalès, Orange, SFR, Bull) de se partager plus de 75 millions d'euros pour chaque entité, alors que dans le même temps, pour ne pas citer OVH, d'autres sont déjà sur le marché.

Il y a le scandale du système Louvois pour le paiement de la solde des militaires [6] , 470 millions dépensés pour ... rien (et sans compter sur le futur remplaçant du système). Pire encore, le projet SIRHEN [7] qui poursuit les mêmes objectifs dans l'éducation nationale ... et qui va sans doute suivre même chemin !

Pour en revenir à l'OS Souverain, comment ne pas parler de l'entreprise Mandrake/Mandriva, un système exploitation made in France ignorée par les pouvoirs publics et qui, faute de soutien financier a dû fermer boutique ...

Il y a donc fort à parier qu'avec les mêmes causes nous aurons les mêmes conséquences.
On aurait malgré tout pu saluer la France pour sa faculté à faire des outils numériques performants comme Qosmos ... Mais si c'est pour se dire que c'est seulement quand on vend de la mort que nous sommes efficaces, c'est triste non ?

Tout cela tend à dire qu'un pilotage de l'État pour y arriver ne va faire venir que des spécialistes du siphonnage d'argent public. En cela, l'OS Souverain est pour eux une manne, et pour les citoyens un gouffre financier plus que probable.

Toutefois, nous continuerons d'encourager l'État à utiliser autre chose que du logiciel privateur pour gérer son parc informatique, nous continuerons de demander que le Ministère de l'Économie retienne sa main quand les grands groupes tentent de le manipuler à coup de grandes promesses, et nous continuerons d'expliquer à l'État qu'il vaut mieux aider les développeurs de solutions libres.

Car dans le fond, l'OS Souverain ne devrait il tout simplement pas être un système libre avec un fond d'écran tricolore pour lequel l'État financerait des audits et des récompenses de concours de "chapeaux blancs", pour rester dans le vocabulaire des parlementaires, qui maitrisent, nous l'espérons le sujet aujourd'hui effleuré ?


L’affaire Saal,

janvier 14th, 2016

Petit rappel des faits : Agnès Saal, Directrice de l'Institut National de l'Audiovisuel depuis avril 2014, a été épinglé avec des factures de taxi d'un montant de 38 000 € environ en avril 2015. Une partie de ces dépenses émanaient de son fils, qui avait accès au code professionnel des taxis G7 de sa mère, et ce pour un montant de 6 700 €.

Madame Saal, acculée, pose sa démission à la demande du ministre de la Culture le 27 avril 2015, et s'engage à rembourser les courses de son fils ainsi qu'une partie des 7800 € de trajets privés, facturés le week-end. Une enquête administrative est déclenchée dans la foulée.

Un mois plus tard, le 20 mai 2015, Agnès Saal est réintégrée au ministère de la Culture, à un poste de « Chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ». Selon le Point, qui cite des sources rue de Valois, en attendant les résultats de l'enquête, il aurait été aussi possible de « placer Agnès Saal en vacances aux frais du contribuable », ce qui n'a « pas été jugé souhaitable ». « C'est donc un petit placard qui a été trouvé pour la patronne déchue de l'INA (chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) en attendant la suite des procédures » écrit le journaliste.

Le résultat de la procédure disciplinaire est donc tombé le lundi 04 janvier : madame Saal est exclue deux ans de la fonction publique, dont six mois ferme. On imagine aisément qu'un poste lui sera réservé, et que sa réintégration se fera sans aucun soucis passé ce délai. Cette sanction a été entérinée par le Chef de l'État en personne, qui se porte donc caution de telles malversations aux plus hauts échelons de la Fonction Publique.

Outre la procédure administrative, deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes : l'une pour les quelques 40 000€ de frais de taxis lors de la présidence de l'INA, et l'autre concernant 38 000€ environ de frais de taxi entre janvier 2013 et avril 2014, alors que madame Saal présidait le Centre Pompidou.

Le Parti Pirate s'oppose avec fermeté à de tels abus de biens publics, et dénonce le soutien au plus haut niveau dont bénéficient de tels détournements de fonds publics. Le Parti Pirate réclame la transparence de la vie politique et publique de manière plus générale : nous ne comprenons pas comment un Haut Fonctionnaire d'État peut détourner presque 80 000 € (soit presque six ans de travail rémunéré au Smic) et ne pas être exclue définitivement de la Fonction Publique. Nous souhaitons rappeler à nos dirigeants actuels que l'Exemplarité fait partie intégrante de la vie Publique, et à plus forte raison en période de crise.

J’adhère ou je réadhère en ligne au Parti Pirate

janvier 4th, 2016

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réaction aux résultats des régionales

décembre 14th, 2015

Le Parti Pirate prend acte des résultats des élections régionales. Elles se caractérisent, quoi qu'on en dise et comme toujours, par une forte abstention, ce dont les grands partis se satisfont pleinement. Le détail des résultats n'intéresse plus les pirates. Les nuances entre le PS, le FN et LR sont désormais anecdotiques. Tous ont versé dans l'obsession sécuritaire. Notons que de ce fait les citoyens ont été privés d'un débat audible sur les compétences de la région.

La séquence électorale se termine mais la vie politique continue. Les élections régionales ont été un fiasco total sur le plan démocratique. Et si 2016 ne devrait pas connaître de scrutin majeur, ce faux calme n'empêchera pas les citoyens à se mobiliser. Face au coup d'état d'urgence permanent, aux abus de plus en plus fréquents des forces de police, il est indispensable de se battre pour préserver et reconquérir nos libertés.

La ligne de fracture ne se situe pas, comme le cirque électoral voudrait nous le faire croire, entre le FN et le reste. Si nous ne sommes pas dupes de la dédiabolisation de madame Lepen, nous le sommes encore moins des discours de vertu des autres partis, PS et LR au premier chef. Force est de constater qu'ils ont adopté la majeure partie de son programme. La démarcation est bien plus évidente : d'un côté les alliés des privilèges, de l'autre les défenseurs du bien commun. D'un côté la machine, qui divise, qui broie et instrumentalise la guerre. De l'autre, les femmes et les hommes qui rassemblent, qui innovent et qui bâtissent le projet d'un pacifisme exigeant. Les financiers, les politiques carriéristes, les grands pollueurs contre les écologistes intègres, les démocrates radicaux, les acteurs associatifs et les mouvements libertaires. C'est sur ce front-ci que nous allons livrer bataille.

La Police des Moeurs n’a rien à faire à la Culture !

décembre 12th, 2015

Mercredi 9 décembre 2015 aurait du être l'anniversaire des 110 ans de la Loi de 1905, concernant la séparation des Églises et de l'État. Au lieu de cela, il restera comme celui où les pouvoirs publics courbèrent une nouvelle fois l'échine face aux pressions d'une association catholique intégriste. Le Parti Pirate s'indigne d'un tel gage donné aux fondamentalistes religieux et appelle le gouvernement à se ressaisir.

"Promouvoir" [1], une association implantée en PACA, qui lutte contre la violence et le sexe dans la culture, a argué que la Palme d'Or du Festival de Cannes 2013, La Vie d'Adele d'Abdellatif Kechiche, comportait des scènes trop crues pour un public jeune. Elle a obtenu en justice la révision de son visa d'exploitation afin qu'il passe du statut "interdit aux moins de 12 ans", à celui "d'interdit aux moins de 18 ans", le rangeant donc dans la catégorie "film pornographique". Le ministère de la Culture a maintenant deux mois pour revoir sa classification. En attendant, toute diffusion, location, exploitation en DVD/BR ou support numérique sont suspendues.

L'association n'en est pas à son coup d'essai puisqu'elle a déjà, à son triste palmarès de la censure, la classification X du film Baise-moi de Virginie Despente et Coralie Trinh Thi, l'interdiction aux moins de 18 ans de Ken Park de Larry Clark, Saw 3D, de Kevin Greutert, ou encore de Love, le dernier film de Gaspard Noé. Il faut rappeler que derrière l'association "Promouvoir" se cachent - l'association n'a pas de site internet ni de vitrine officielle - des individus pourfendeurs de l'homosexualité et sympathisants d'extrême droite [2]. Ce qu'ils reprochent avant tout au film de Kechiche ? Des scènes trop explicites et une soi-disant propagande LGBT, dans une confusion pathétique entre sexualité et politique. Il paraît aberrant d'avoir à le rappeler en 2015 : être homosexuel n'est pas un projet politique. Lutter contre l'homosexualité l'est, c'en est un ignoble et illégal.

En France, il appartient au ministère de la Culture, à travers le CNC, d'attribuer les visas d'exploitation aux films. Il est anormal que celui-ci subisse des pressions d'une police des mœurs incarnée par une association catholique intégriste. Le Ministère de la Culture se doit de demeurer un organe de l'État, indépendant de toute considération religieuse.

Face à de telles pratiques, le Parti Pirate marque vivement son indignation et rappelle son attachement à la Laïcité, principe fondamental de notre République qui stipule que les religions ne doivent intervenir en aucun cas dans les affaires de l'État. Les Pirates déplorent une nouvelle preuve de la complaisance du gouvernement à l'égard des groupes de pression haineux, comme ce fut le cas pour l'ABCD dans l'égalité. Ce faisant il promeut l'efficacité de telles méthodes et encourage les franges les plus extrémistes à agir à l'encontre du bien commun.
Nous appelons donc la Ministre de la Culture, Fleur Pellerin à faire appel pour réhabiliter immédiatement le visa d'exploitation de "La Vie d'Adèle", et demandons à ce que son ministère retrouve une indépendance totale dans les choix et les prises de décisions qui lui reviennent. Remettons les états d'âme des lobbies Religieux ou de toute autre association cultuelle, puritaine, et dogmatique à leur place. Il n'est pas entendable, moins d'un an après l'attentat de Charlie Hebdo, de défendre "un droit à ne pas être choqué". La Culture d'un pays digne doit être le premier et le dernier rempart de la liberté d'expression contre l'obscurantisme.

Joyeux anniversaire à la Loi de 1905 !


bâtissons l’espoir

décembre 8th, 2015

Le Parti Pirate prend acte des résultats du premier tour des élections régionales. Ils se caractérisent par une forte poussée du Front National et un faible score des listes alternatives.

La campagne a été marquée par les attentats du 13 novembre. Les forces politiques traditionnelles se sont lancées dans une surenchère sécuritaire d'autant plus absurde que la sécurité ne fait pas partie des compétences principales de la région. Il s'en est suivi un débat confus et inaudible.

Dans ce brouhaha, les listes alternatives, notamment celles soutenues par le Parti Pirate : FLUO en Île-De-France, EELV en Pays de la Loire et "Faisons ensemble" en Aquitaine, ne sont parvenues à se faire entendre. Nous allons dorénavant poursuivre le travail mené en commun et l'élargir à d'autres formations, à d'autres sensibilités et sur l'ensemble du territoire français.

Pour le second tour, que les choses soient claires : en aucun cas le vote Front National n'est compatible avec les valeurs pirates. La répression des manifestations écologistes, les abus de l'état d'urgence et sa prolongation ahurissante, les offensives liberticides du gouvernement ne permettent plus aux pirates d'accorder la moindre confiance au Parti Socialiste. Les funestes surenchères de LR vont dans le même sens. Nous invitons donc les électeurs à choisir en conscience leur moyen d'expression, que ce soit le vote barrage ou autre...

Le véritable vote utile, c'est le vote de l'espoir et de la liberté, c'est le vote pour la paix. C'est à ce projet que nous travaillons afin de faire émerger une alternative à l'uniformisation que connaît notre classe politique. C'est pour cet espoir que nous nous engageons, désormais, passionnément.

Le parti pirate dénonce le gazage des manifestants

novembre 30th, 2015

La manifestation du 29 novembre à propos de la COP 21 a eu le mérite de lever toute ambiguïté : sous couvert de lutte contre le terrorisme nous assistons à la mise en place d'un état policier.

L'exécutif n'interdit ni les marchés de Noël ni les matchs de foot mais refuse aux citoyens le droit d'exprimer leurs opinions dans la rue. L'état d'urgence, pour lutter contre le jihadisme sert à assigner à résidence des militants écologistes. Cela dit assez l'hypocrisie et le cynisme d'un gouvernement qui se sert des morts du 13 novembre pour imposer son agenda sécuritaire.

Que les choses soient claires : non les manifestants n'ont pas agressé les forces de l'ordre ! La manifestation ne serait parfaitement bien déroulée si les CRS n'avaient pas entrepris de vider la place de la République à coups de bombes lacrymogènes. Autant que les citoyens, c'est la République que les policiers ont gazé.

La journée aura été l'occasion pour monsieur Valls d'une belle démonstration de force. Des dizaines de cars, des centaines de CRS et même des hélicoptères qui survolaient la place à basse altitude, comme dans une scène de guerre… Cela fait de fortes images au service de la communication gouvernementale. Mais nous, pirates, ne sommes guère impressionnés. Aujourd'hui nous avons vu un système en état de grande faiblesse, contraint de brutaliser ses citoyens pour conserver une illusion d'autorité.

Le combat pour la liberté continue. Et nous allons le gagner.

crédit photo : @JulienBrygo

L’Etat d’Urgence est prolongé, la démocratie est raccourcie

novembre 20th, 2015

Suite au vote à l'instant de la résolution visant à prolonger l'État d'Urgence dans notre pays, nous nous devons de réagir immédiatement, et de faire part de notre franche consternation.

Nous comprenons qu'une réaction parlementaire soit attendue après les événements tragiques du 13 Novembre dernier. Mais nous ne pouvons rester sans voix face aux mesures liberticides qui, une fois encore, ont été approuvées par tous les partis représentés.

Parmi les points votés lors du passage à l'Assemblée Nationale, ce jour, Jeudi 19 Novembre 2015, nous exprimons notre colère commune :

  • Blocage des sites Internet faisant l'apologie du terrorisme sans aucun contrôle judiciaire et sans délai. Nous avions déjà alerté l'opinion sur les implications d'une telle mesure lors des attentats sur Charlie Hebdo. Nous regrettons hélas que le gouvernement n'ait point daigné considérer cette approche du tout répressif sans réflexion préalable et techniquement discutable.
  • Dans le cadre de perquisitions administrative, la captation de données sur ordinateurs portables et/ou smartphones est maintenant inscrite dans la loi, à travers l'État d'Urgence. Cette mesure était déjà abordée après les événements liés à Charlie Hebdo et ce notamment au travers de la Loi Renseignement.
  • Dissolution des associations non seulement sur le fait qu'elles commettent des actes contraires à l'ordre public, mais aussi qui les faciliteraient voire les inciteraient. Dans le contexte où tous les gouvernants réclament la limitation de la cryptographie et une restriction de nos libertés, il est à craindre que les associations qui prônent le respect de la vie privée, la sauvegarde de nos libertés se retrouvent du mauvais côté de la barrière. Cela entraînera a minima une baisse de visibilité de celles-ci, voire une auto-censure, pire une dissolution ferme et définitive, puisque la levée de l'état d'urgence ne changera pas les décisions prises en son temps. Nous tenons à rappeler que les partis politiques SONT des associations.

L'État d'Urgence induit en outre l'interdiction de manifestation dans les lieux publics. Initialement prévue pour une dizaine de jours, cette disposition vient donc d'être prolongée pour 3 mois. Ce qui implique que nous ne pourrons exprimer notre mécontentement durant ce laps de temps. Dès lors notre capacité à toucher l'opinion en restera amoindrie par rapport aux Partis et associations de référence auprès des médias. A l'approche des régionales et de la COP 21, ces interdictions pèsent lourd.

Enfin, une disposition a été ajoutée, autorisant dorénavant le port d'arme pour la police , et ce même si l'officier n'est pas en fonction. Nous ne pouvons que nous inquiéter d'éventuelles accidents, des bavures, des tragédies qui ne manqueront pas d'arriver.

Nous tenons à souligner que la résolution d'origine a supprimé une disposition de 1955, permettant de renforcer le contrôle sur la presse et les médias en globalité. Cette disposition a été retirée, mais durant les erzatz de débats ce jour à l'Assemblée, le Premier Ministre a clairement laissé entendre qu'il ne suspendait pas le débat sur cette question.

Enfin , nous ne pouvons donc qu'attendre le passage du texte au Sénat. Mais nous ne fondons que peu d'espoirs, car le Président Gérard Larcher s'est clairement exprimé en faveur de la prolongation de l'État d'Urgence, lors du Congrès de Versailles.

Signatures :

Laurent le Besnerais / Pirate Lobby
laurent piratelobby.fr

Thomas Watanabe-Vermorel / Parti Pirate
contact partipirate.org

Sources :

La loi sur l'état d'urgence est adoptée : quel impact sur le numérique ?
http://www.numerama.com/politique/131446-la-loi-sur-letat-durgence-est-adoptee-quel-impact-sur-le-numerique.html

L'État pourra bloquer des sites Internet sans aucun délai ni contrôle
http://www.numerama.com/politique/131442-letat-pourra-bloquer-des-sites-internet-sans-aucun-delai-ni-controle.html

Loi sur l'état d'urgence : l'offensive numérique
http://www.nextinpact.com/news/97383-loi-sur-etat-durgence-offensive-numerique.htm

Que va changer l'état d'urgence pour les citoyens ?
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/11/19/que-va-changer-l-etat-d-urgence-pour-les-citoyens_4813607_4355770.html#xtor=RSS-3208

L'état d'urgence - Pirate Lobby
http://piratelobby.fr/2015/11/19/letat-durgence-est-prolonge-la-democratie-raccourcie/

Si vis pacem, para pacem

novembre 16th, 2015

Si tu veux la paix, prépare la paix

Le 13 novembre, la lâcheté et le fanatisme ont ensanglanté les rues de Paris et notre indignation est immense. Nos pensées vont vers les victimes et leurs proches. Ces vies fauchées, brisées, rien ne nous les ramènera.

Mais à présent que faire ? Notre position tient en une phrase : Si tu veux la paix, prépare la paix.

Que l'on ne nous taxe pas d'angélisme - accusation à la mode. Sans doute faut-il détruire Daesh, pour la même raison qu'il est nécessaire de soigner les symptômes d'une maladie grave en même temps qu'on applique un traitement de fond. Mais ne nous y trompons pas : l'élimination du califat ne nous mettra pas plus en sécurité que celle de Ben Laden si un travail sérieux n'est pas entrepris pour guérir les véritables causes du drame.

Préparer la paix, ça signifie cesser d'encourager la guerre. Les gesticulations martiales des Valls, Sarkozy et autres Le Pen exacerbent les haines en même temps qu'elles occultent les vrais problèmes. Depuis des décennies, les puissances occidentales - la France en particulier - produisent et exportent d'immenses quantités de matériels militaires. Les armées engagées au Moyen-Orient ou en Afrique soutiennent des intérêts privés bien éloignés des objectifs affichés de défense des droits de l'homme et des démocraties. Ceci doit cesser. L'Occident, la France, doivent prendre d'urgence la voie de la solidarité, de la construction civile et du partage des richesses en faveur des biens communs.

Préparer la paix, ça signifie soutenir la liberté et non pas tenter de la réduire encore comme les acteurs du système s'y emploient, avec le même cynisme qui a prévalu en janvier. Les dizaines de lois liberticides votées ces dernières années ont encore fait la preuve de leur inefficacité. Plutôt que de s'abandonner au fantasme d'un contrôle de la population par des boites noires inutiles et coûteuses, l'Etat ferait mieux de miser sur un personnel plus nombreux et mieux formé, capable d'agir en protégeant ce qu'une démocratie a de plus précieux : la vie des citoyens et leurs libertés.

Préparer la paix, c'est combattre la violence. Violence à l'international contre des peuples plus vulnérables que les nôtres et soumis à des dictatures post-colonniales. Violence à l'intérieur de nos frontières, exercées contre les exclus du système, toujours plus nombreux, toujours plus marginalisés. Les criminels du 13 novembre doivent être mis hors d'état de nuire. Mais chaque citoyen doit s'interroger en toute conscience sur les rendez-vous manqués et les lâchetés géopolitiques de nos démocraties qui ont amené le monde dans la situation dramatique où on le voit.

Notre émotion est immense mais plus que jamais il nous faut garder la tête froide. En politique, comme en médecine, on n'accomplit rien si on n'a pas posé le bon diagnostic.