Barrage de Sivens

octobre 30th, 2014

Le Parti Pirate fait part de sa vive émotion face à la mort brutale de Rémi Fraisse, et exprime son soutien chaleureux à ses proches, parents, amis et compagnons de lutte dans le malheur qui les touche. Il est absolument inacceptable dans une démocratie qu'un jeune puisse être tué pour avoir été un défenseur de la nature.

De l’incertitude 2.0

octobre 30th, 2014

Le rectorat de Lille a menacé d'un blâme un enseignant coupable d'avoir publié sur son blog un billet, intitulé de façon prémonitoire « De l'incertitude 2.0. ». Prétextant du « devoir de réserve », le rectorat a obtenu la fermeture du blog. Au nom du respect de la liberté d'expression, nous reproduisons ici ce billet et demandons au Président de la République de retirer toute menace de blâme envers l'enseignant et de lui donner toute liberté de développer ses idées sur son blog.

L'auteur du blog est chef de projet numérique dans un réseau de ressources pédagogiques rattaché au ministère et très actif depuis des années sur les questions du numérique dans l'enseignement.
Demain jeudi, le François Hollande et Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation, ont prévu de communiquer sur le numérique à l'école. Au nom du respect de la liberté d'expression, nous reproduisons ici ce billet et demandons au Président de la République de retirer toute menace de blâme envers l'enseignant et de lui donner toute liberté de développer ses idées sur son blog.

Copie du billet publié sur le blog (__ Au coin de la rue de Lannoy _ ) fermé par son auteur menacé d'un blâme par le rectorat de Lille (voir Libération en date du 29 octobre 2014). Ce billet a été récupéré par le blog http://www.disons.fr

Préambule

Ce billet est incertain. Produit d'un trouble. Autant que d'une sensation étrange qui semble s'affirmer au fil du temps et des hésitations.
Ces mots sont aussi le reflet d'une profonde inquiétude. Sans certitude ni postulat de départ. A l'arrivée un billet bien incertain qui pourrait en rendre plus d'un chagrin.

Une image pour commencer. Elle sera certainement plus parlante que toute démonstration. [ici, dans l'article original, la photo au rectorat d'un ordinateur passablement obsolète, NDLR]

Le TO8, totem d'un temps révolu ? Pas au rectorat visiblement.

Ce cliché date de mardi dernier (21 octobre 2014). Oui, photographie de cette année. Elle rassemble le trouble qui agite ma modeste personne. Autant qu'elle est la synthèse de ce que certains de mes amis ont écrit récemment. Notamment François ou Bruno.
Ce cliché illustre à merveille : »"

l'illusion technologique
l'inertie de notre système éducatif
l'échec d'un évangélisme digital

Et pose cruellement la question du conservatisme.

Examinons chacun de ces points.

L'illusion technologique

Pas plus tard qu'hier, lors de la visite du Learning Center La halle aux sucres (à Dunkerque) j'entendais à plusieurs reprises « le numérique est un acteur majeur… ». Je suis resté courtois. Point de parole coupée ni de prise de judo oratoire. Je n'étais qu'un bien modeste hôte.
Mais voilà bien une vision tout à fait indigeste témoignant de cette fascination pour la technologie que je ne peux plus supporter. A tel point que toute injonction pour une école numérique en vient à me donner de l'urticaire.

Cette fascination pour la technologie, et notamment les outils numériques, tétanise. Elle focalise la pensée sur l'extrémité et non pas sur le point d'origine, celui qui manie l'outil. Elle polarise les énergies vidant le moteur de tout son fuel. Elle sacrifie celui qui agit au profit de l'outil que l'on vénère.

Sacralisation de l'appareil aux dépends de la conscience. Voilà un bien triste retournement : les next big things sont attendues comme des messis, la messe étant dite visiblement pour l'apprenant ou l'enseignant. Quand la religion de l'outil multiplie les totems, la chair n'est plus très chère : on en vendrait son âme pour le dernier iPhone.

Serait-ce les propos d'un apostat du digital ?
Je garde encore un souvenir amer d'une dispute numérique passée IRL il y a maintenant quatre ans déjà. Je voyais le sens de l'un de mes billets – traitant de l'impact de l'iPad (la première version) sur ma manière de travailler – aller dans une direction contraire à celle envisagée. Dans ce billet, il n'était nullement question de révolution. Mais c'est bien ce mot qui lui fut accolé. Ma colère me valut alors une certaine forme de distance avec certains de mes contacts sur Twitter. Ce n'était qu'un mot, oui. Mais tellement connoté que j'eu alors bien du mal à le reprendre à mon compte, mais dans son acceptation étymologique, c'est à dire un retour à une position initiale.
Je persiste et signe à ce sujet : les outils numériques sont, à mon humble avis, une opportunité pour revitaliser des pratiques pédagogiques anciennes, mais ô combien pertinentes, comme la déambulation ou les approches de Freinet.

Illusion donc. Illusion de croire que l'objet puisse être performatif par lui-même. « Distribuons des TBI et des tablettes, et vous verrez, plus rien ne sera comme avant ! » Mais c'est justement l'inverse qui se produit !

L'inertie de notre système éducatif

Notre institution fonctionne par plan. C'est dans ses gènes. Son ADN contient cette logique massive de la distribution de matériel, tombé du ciel, qui s'impose du jour au lendemain dans les salles de classe. Logique aux antipodes de celle de projet. Cette volonté commune qui tient de la roadmap : on a un alpha, un omega et des étapes à franchir. En somme, le plan est à la réflexion ce que Lara Fabian est à la chanson. On crie fort pour s'imposer. Sans nuances et sans considérations pour l'assistance.

Les racines de ce fonctionnement sont anciennes. Et je n'ai pas la prétention d'en faire un historique et une analyse critique. Mais quelques mots néanmoins. Dans sa mécanique, l'Education Nationale est organisée pour un flux top / down. Et en dépit des discours et autres prises de position pour promouvoir des actions locales, rien ne prédispose notre institution à accepter les reflux de la base vers le sommet. En somme, aucun cercle vertueux ne peut se mettre en place. En matière géométrique, le triangle est la norme. Le cercle est juste bon pour les groupuscules snifant de l'horizontalité ou du collaboratif (drogues pourtant reconnues d'utilité publique).

Ainsi, aucune force n'est plus vive que celle de la gravité. A l'inertie supposée du Mammouth, songeons davantage à sa gravité. Plaquant au sol ; attirant en son sein tout astre se voulant autonome (pour le carboniser ensuite lors de la traversée atmosphérique)… C'est bien sous le poids de milliers d'appareils distribués que l'anaérobie s'installe. Et ce ne sont pas les péroraisons qui feront décoller les usages ni se multiplier les anges de la pédagogie.

L'échec de l'évangélisme digital

Les différents plans informatiques depuis 30 ans n'auront pas consacré la fin d'un système éducatif élitiste reposant sur un substrat profondément normalisateur. Bien au contraire. Sous des apparences de modernité (un mot valise qui sert surtout à cacher les cadavres), ces plans n'auront fait que cristalliser. Du plan à l'Evangile, le glissement est rapide, surtout dans un contexte cultuel techno-centré où les prêtres sont d'abord les profs de techno (pourquoi diable laisser ces humanistes archaïques s'emparer de pareil sujet ?).

L'évangélisation digitale menée par notre institution n'aura réussi qu'en un seul domaine : renforcer la parole des réfractaires qui sont brillants pour jeter le bébé avec l'eau du bain. Autrement dit, en dénonçant le numérique, la pédagogie est mise au pilori (ah cette fameuse expression pedagogo). L'aveuglement institutionnel est terre nourricière pour les néos.

L'Etat fait un bien mauvais pèlerin. Les routes du monde numérique peuvent être pavées des meilleures intentions (combler le fameux retard français…). Mais ce n'est pas la route qui compte : regardons les chemins de traverse et les sentiers. Sortons du fossé ceux qui se sont sentis incompris, incompétents ou inaudibles !

Enseignants innovants et CDR

J'ai toujours refusé de me voir comme innovant. Mes articles et autres tweets en témoignent. Comme j'ai toujours refusé de me rendre au forum des enseignants innovants. Outre le fait que je ne voulais pas être perçu comme un VRP (ce danger me guettant suffisamment avec mes certifications Apple), rien ne semblait justifier que je puisse me revendiquer comme innovant. »"Qu'aurais-je donc apporté à la pédagogie ? Qu'aurais-je créé qui n'existait pas auparavant ? RIEN. Je me suis toujours appuyé sur des travaux antérieurs. Sur des épaules de géants.

Loin de moi l'idée de nier la grande intelligence de mes collègues qualifiés d'innovants. Je confesse même adorer certains d'entre eux. Je pense notamment à François Jourde. Mais ces brillants enseignants créent un véritable champ de distorsion de la réalité.

Depuis trois ans, j'ai eu la chance de rencontrer de nombreuses équipes enseignantes. Certaines que j'ai pu suivre d'ailleurs sur plusieurs années. Ces échanges m'ont conforté sur une chose : le numérique n'est que vernis. Le digital s'impose le plus souvent sur une surface rarement compatible. Comme si l'on s'évertuait à construire des tours sur des sols marécageux. Là où on impose du numérique, c'est de la pédagogie qu'il faut prodiguer.

Conserver / progresser

Argument en apparence imparable : le numérique est un progrès. Ces outils vont faire progresser vos élèves. Vous allez gagner un temps précieux en classe. blablabla…
Cet argument du progrès est plutôt un bel exemple de conservatisme : on le ressort du formol régulièrement. Autant pour justifier la colonisation d'un continent que pour creuser en plein Alaska pour trouver du pétrole.

Or, le numérique ne peut être un progrès que si l'on s'entend sur ce qui doit être conservé (et pourquoi) et sur ce qui doit être revu. Car si les MOOC sont un progrès par exemple, c'est d'abord le progrès du magistral. Car si les tablettes sont un progrès, c'est d'abord le progrès économique des sociétés qui les ont créées.

Conclusion

Evitons donc deux pièges. Celui du fraîchement digital-converti qui évangélise en excluant et dénonçant toute pensée contradictoire (aussitôt taxée d'hérésie). Et celui du révisionniste qui réécrit l'histoire en rejetant les échecs de l'école sur le numérique (procédé commode qui évite de se poser les bonnes questions).
Le numérique n'est qu'un ensemble d'outils. Sans doute au potentiel gigantesque. Mais rien de plus néanmoins que des outils. Plus que jamais, la pédagogie doit redevenir la priorité. Les arts de la transmission, du dialogue et de la construction intellectuelle sont peut être magnifiés par le numérique. Mais encore faut-il qu'ils soient vivants pour l'être. Et pour cela, il ne faut cesser d'encourager les enseignants à d'abord épouser leur rôle : celui d'accompagnateur et de conseiller afin d'aider l'élève à grandir. L'intendance numérique suivra.

PS : Que ce billet soit aussi une ode à Anne Andrist. Merci pour sa relecture et ses conseils toujours judicieux.

Weed like to talk

octobre 18th, 2014

Liberté et démocratie, deux engagements majeurs pour le Parti Pirate qui apporte son soutien à l'Initiative Citoyenne Européenne, "Weed like to talk" pour une harmonisation des législations européennes sur l'usage du cannabis. Cessons une hypocrisie coûteuse socialement et prenons le meilleur des expériences européennes pour une réglementation adaptée aux pratiques d'aujourd'hui.

La transparence approximative d’Anne Hidalgo

octobre 10th, 2014

Deux contre vérités et une omission :
Dans un communiqué en date du 8 octobre publié sur le site de la ville de Paris, Anne Hidalgo affirme que « Le Conseil de Paris a adopté en mai dernier un code déontologique unique en France, fondé sur cinq valeurs : intérêt public, probité, impartialité, indépendance et exemplarité » et (…) « que Paris est la première collectivité à adopter une telle démarche volontaire ». Enfin que « la HATVP (Haute autorité pour la transparence de la vie publique) souligne en retour qu'elle « approuve cette initiative ».

A l'occasion des municipales, l'association ANTICOR a élaboré une charte, signée par plus de 200 têtes de listes de toutes les couleurs (dont les candidats du Parti Pirate) aux élections municipales. Cette charte comprend 9 engagements traduisant une ligne éthique, défendue par ANTICOR depuis sa création : non-cumul des mandats et des fonctions exécutives, bonnes pratiques de gestion, transparence, reconnaissance des droits de l'opposition, participation citoyenne, publicité des informations importantes sur la gestion locale, exigence de probité, lutte contre le trafic d'influence, rigueur dans le choix des organismes prêteurs de fonds à la collectivité. Les deux têtes des listes parisiennes PS-PCF et UMP-UDI-MODEM ont refusé de signer cette charte.
L'AFP a publié un communiqué sur cet avis qu'elle s'est procuré, mais qui ne figure pas sur le site de la Haute autorité. Interrogée, la chargée de communication de la HATVP confirme que ce document est confidentiel sauf si la mairie décide de le rendre public comme prévu dans la loi sur la transparence du 11 octobre 2013, article 20 qui dit effectivement que la HATVP « répond aux demandes d'avis des personnes mentionnées au 1° du présent I sur les questions d'ordre déontologique qu'elles rencontrent dans l'exercice de leur mandat ou de leurs fonctions. Ces avis, ainsi que les documents sur la base desquels ils sont rendus, ne sont pas rendus publics ». Etonnant paradoxe d'une loi sur la transparence qui adopte une démarche non transparente.
D'après l'AFP reprise par le journal Libération, la HATVP a formulé un certain nombre de remarques de nature assez critique comme « en ce qui concerne la déclaration d'intérêts, la Haute Autorité s'interroge sur les raisons ayant conduit le Conseil de Paris à retenir un contenu plus restrictif que celui déterminé par le législateur à l'article 4 de la loi du 11 octobre 2013, en n'incluant pas dans ces déclarations les activités de consultant (...), les fonctions et mandats électifs (...) et les activités professionnelles exercées par le conjoint, le partenaire lié par un pacte civile de solidarité ou le concubin ».
Dans son communiqué du 8 octobre, la mairie de Paris est obligée de concéder que « Le contenu des déclarations de patrimoine et d'intérêts sera complété pour reprendre l'ensemble des éléments prévus par la loi du 11 octobre 2013 », ce qui relativise quand même le caractère « unique » de la démarche parisienne.
Les Pirates de Paris renouvellent la question formulée à l'occasion des élections municipales : pourquoi les deux candidates têtes de liste parisiennes PS-PCF et UMP-UDI-MODEM ont-elles refusé de signer la charte ANTICOR ? Ne serait-ce pas par refus de s'engager sur une charte plus précise, plus contraignante et surtout peut-être pour ne pas avoir à signer un texte dont la phrase conclusive dit que « Le signataire déclare être informé de ce qu'il engage sa responsabilité contractuelle et que l'Association pourra agir en justice en cas de violation de ces engagements. »

PS. Après complément d'information, le communiqué a été diffusé à la presse accompagné de l'avis intégral de l'avis de la HATVP, mais sur le site de la ville de Paris consulté le 10 octobre au matin, il n'y a aucun renvoi à cet avis. Cela est d'autant plus étonnant que le dernier article de l'avis dit : “Si la Ville de Paris souhaite se prévaloir ou donner quelque diffusion que ce soit au présent avis de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique celui-ci ne vaut et ne peut, par suite, être mentionné que dans son intégralité. »
Décidément la transparence est un exercice difficile.

Manifestons notre soutien aux démocrates de Hong Kong

octobre 2nd, 2014

Le Parti Pirate appelle à manifester ce samedi 4 octobre, place de la République à Paris, en soutien aux manifestants démocrates de Hong Kong.

Les Pirates demandent à François Hollande, Président de la République, à Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et à Manuel Valls, Premier ministre, de rappeler l'attachement indéfectible de la France aux Droits de l'Homme et à la Démocratie en soutenant les manifestants de Hong Kong qui luttent pour la liberté.

Les Pirates appellent aussi les citoyens concernés par la démocratie dans le monde comme en France dans un contexte de privation toujours plus grand des libertés fondamentales à venir manifester également, place de la République à Paris, ce samedi à 15h.

Le Parti Pirate soutient les démocrates de Hong Kong

septembre 29th, 2014

Des milliers de manifestants sont descendus dimanche 28 septembre pour protester contre le système que l'état chinois entend maintenir à Hong Kong à horizon des élections de 2017. Les réactions de la police ont été d'une grande violence. Plusieurs arrestations arbitraires ont eu lieu.

Les pirates ne se font guère d'illusion sur les limites de la démocratie représentative telle qu'elle est pratiquée en France ou à Hong Kong. Mais ils savent faire la différence entre ce régime et celui du parti unique chinois. Aussi notre position est claire et sans ambigüité : nous condamnons la répression et soutenons les démocrates de Hong Kong.

Le Parti Pirate salue le courage de ces manifestants. Descendre dans la rue en démocratie pour protéger les libertés publiques, c'est faire son devoir de citoyen. Manifester face à la dictature qui a réprimé dans le sang les étudiants de Tien An Men, c'est faire acte d'héroïsme. Cette bravoure force le respect. Soyons tous unis pour exprimer notre soutien.

Le Parti Pirate appelle le gouvernement français - et notamment messieurs François Hollande et Manuel Valls - à condamner explicitement la répression. Le Parti Pirate appelle les partis politiques à soutenir les militants démocrates. Il n'est pas de calculs diplomatiques ou de réalisme économique qui tiennent : quand des partisans de la liberté s'opposent à une dictature, la patrie des droits de l'homme a le devoir de prendre position. Nous n'envisageons pas de voir une démocratie de 7 millions d'habitants avorter dans le silence complice de notre pays.

Lettre ouverte à M Cazeneuve

septembre 21st, 2014

La loi dite antiterroriste que vous venez de faire passer à l'Assemblée nationale est une défaite pour la démocratie et une victoire pour le terrorisme. En amputant vos concitoyens de plusieurs de leurs libertés fondamentales, vous offrez aux extrémistes et aux terroristes ce que les bombes et les prises d'otages n'ont pu obtenir : un recul franc et net de la démocratie et de ses valeurs.

A Monsieur Cazeneuve
Monsieur,

La loi dite antiterroriste que vous venez de faire passer à l'Assemblée nationale est une défaite pour la démocratie et une victoire pour le terrorisme. En amputant vos concitoyens de plusieurs de leurs libertés fondamentales, vous offrez aux extrémistes et aux terroristes ce que les bombes et les prises d'otages n'ont pu obtenir : un recul franc et net de la démocratie et de ses valeurs.

Antidémocratique, votre loi l'est sur le fond : avec l'interdiction de sortir du territoire sur simple suspicion policière, vous créez un crime d'intention. En facilitant le blocage des sites Internet sans contrôle judiciaire, vous mettez en place le délit d'opinion. Enfin, votre concept d'entreprise terroriste individuelle est une absurdité totalitaire digne de la police de la pensée de George Orwell. Cela revient à être une bande à soi tout seul. C'est de la pure Novlangue qui sert à déformer le langage pour mieux faire reculer le droit commun.

Vous nommez antiterroriste une loi aux multiples implications dont de nombreux experts s'accordent à dire qu'elle sera inefficace ou redondante avec les dispositions existantes. Votre loi contient notamment des articles concernant le contrôle des mouvements contestataires radicaux, permettant de se passer de l'autorisation d'un juge pour déchiffrer des données ou permettre certaines perquisitions informatiques ou encore à prolonger la durée de conservation des écoutes administratives. Ce n'est pourtant pas l'absence de lois répressives qui engendre le terrorisme ou l'action radicale. Avec ces mesures, on sape la démocratie au motif de la défendre. On muselle le peuple plutôt qu'on ne l'écoute

Sur la forme, également, la manière dont vous avez présenté votre projet de loi en dit long sur votre conception du débat démocratique. En choisissant la procédure d'urgence la même semaine que le vote de confiance du nouveau gouvernement, vous esquivez tout débat politique, toute contradiction publique. Aux questions de faisabilité technique, de conformité au droit, vous opposez un navrant « c'est une question de volonté politique » en guise de seul argument. Pourquoi craindre le débat serein, constructif, argumenté et posé que ces questions de sécurité méritent ?

Nous ne pouvons que constater que la mandature socialiste prolonge et amplifie la politique liberticide de la mandature UMP qu'il contestait dans l'opposition… Et nous craignons que le Front national, s'il parvient aux responsabilités, s'accommode parfaitement de la situation et en profite pour finir de ruiner notre état de droit. Aussi nous en appelons aux citoyens tant qu'il nous est encore loisible de contester les décisions du gouvernement sans être traités comme des terroristes : élevons-nous contre ces décisions, battons-nous pour nos droits. Et rappelons-nous cette citation de Benjamin Franklin : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux. »

Julien BAYOU porte parole EELV, conseiller régional d'île-de-France
Thomas WATANABE-VERMOREL Porte-parole du Parti Pirate

De nouveaux combats nous attendent …

septembre 13th, 2014

Dès la rentrée, ça s'active au Parti Pirate ! Après les élections du printemps dernier, l'équipe du Parti Pirate est prête à repartir à l'assaut de toutes les atteintes à nos libertés fondamentales. N'hésitez plus à nous rejoindre !

Manifestation le 14/09 contre la loi Cazeneuve

Le Parti Pirate s'est associé à différentes associations et collectifs pour dénoncer le projet de loi antiterrorisme de Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, qui permettrait notamment de bloquer les sites web sans passer par une décision judiciaire et aboutirait à suspecter tous les citoyens d'être de potentiels terroristes, ce qui nous a conduit à ouvrir le site présumés terroristes où nous dénonçons toutes les impostures de cette loi.

Le collectif unitaire luttant contre cette loi organise une manifestation le 14 septembre à Paris. Rendez vous à 14h30 à l'esplanade des Invalides.

Vous êtes tous cordialement invité(e)s à y participer, notamment si vous habitez en région parisienne, afin de montrer au gouvernement que nous ne souhaitons pas être traités comme des criminels ! Le texte étant actuellement examiné à l'assemblée nationale, il est encore temps d'agir.

Lutte contre le TTIP / TAFTA

Bien que nous soyons concentré actuellement sur l'opposition au projet de loi sur le terrorisme, nous n'oublions pas pour autant l'Union Européenne et ses négociations pour imposer des traités de libre-échange comme le CETA (avec le Canada) ou le TAFTA avec les États-Unis.

Une grande manifestation internationale aura lieu le 11 octobre, et le Parti Pirate y participera lui aussi. Renseignez vous auprès de votre section locale pour savoir si un cortège est organisé près de chez vous, voire rejoignez l'un des nombreux collectifs stoptafta, ils sont ouverts à tous !

Préparation de l'Assemblée Générale

Les préparatifs de l'Assemblée Générale 2014 du Parti Pirate continuent. Elle aura lieu le week-end des 29 et 30 novembre et, comme l'an passé, se fera de manière décentralisée. Contactez vos sections locales pour s'assurer qu'elles organisent elles aussi l'AG au niveau local.

Nous vous rappelons à cette occasion que vous avez jusqu'au 30 septembre pour déposer vos amendements au programme ou aux statuts.Si vous avez des questions sur le wiki, la rédaction, la formulation, n'hésitez pas à contacter l'équipe programme : programme lists.partipirate.org

Les travaux des équipes en cours

  • L'équipe programme recherche activement de nouveaux membres. Cette équipe a largement contribué à la rédaction de l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale en réfléchissant notamment à la réorganisation de notre programme. Mais c'est avant tout à nos adhérents de proposer des points aux programmes, de mettre en avant des actions et valeurs à défendre !
  • L'équipe technique finalise une migration importante d'un service et pourra ensuite continuer le déploiement du soft retenu pour l'infrastructure pirate (Galette). La prochaine réunion a lieu le 01/10/14.
  • L'équipe stratcom finalise la mise en place d'un procédé de rédaction et de diffusion de nos travaux en remplacement de l'ancienne équipe rédacteur. La prochaine réunion a lieu le 23/09/14.

Note : toutes ces réunions ont lieu en audio conférence sur le serveur Mumble.

Retour sur la procédure contre Europe 1

Lors des municipale, nous avions assigné Europe 1 en justice pour dégradation de nos panneaux d'affichage officiels. La procédure pénale nous a coûté 2 267,49€ avec un résultat juridique négatif, puisque nous avons été déboutés. Néanmoins, cela nous a permis de créer le buzz et de mieux nous faire connaître à Paris, de sorte que cet investissement n'a pas été vain.

Nous reviendrons plus en détail sur la procédure lors du rapport moral de l'AG 2014.

Les comptes du Parti Pirate

Comme tous les partis politiques, nous sommes tenus de déposer nos comptes annuels auprès de la CNCCFP (Commission nationale des comptes de campagne et du financement politique). Ce dépôt aurait dû avoir lieu fin juin. Or, suite à un envoi tardif des comptes auprès des commissaires aux comptes (démarche obligatoire), nos comptes ont été déposés hors du délai légal auprès de la Commission.

Les conséquences ne sont pas encore définies mais elles pourraient être les suivantes :

  • aucun financement public pour le Parti (point sur lequel nous ne sommes pas concernés)
  • pas de possibilité de déduire les dons et adhésion qui seront effectués en 2015
  • Ce dernier point est le plus problématique. La Commission ne se prononcera sans doute qu'en fin d'année sur notre dossier.

Nous y reviendrons lors de l'assemblée générale.

Recrutement

  • L'AFPP (Association de Financement du Parti Pirate) recrute des personnes pour remplacer le bureau actuel. Ce poste est crucial pour la continuité de notre action politique, puisque sans association de financement, nous ne pouvons exister en tant que parti politique. Si vous avez des compétences en comptabilité, votre aide sera la bienvenue.
  • L'équipe technique cherche toujours des personnes pour aider à la mise en place des outils et infrastructures.

Et pour conclure cette newsletter de rentrée, nous vous proposons une sélection d'article parus cet été sur le site officiel du Parti Pirate. Ces articles illustrent différents points de notre programme comme la réforme du droit d'auteur, le revenu de base, la démocratie participative ou encore les logiciels libres. Nous vous souhaitons une bonne lecture.

Rassemblement contre la loi Cazeneuve #PJLTerrorisme

septembre 12th, 2014

Le Parti Pirate appelle au rassemblement le 14/09 à Paris contre la loi Cazeneuve. Rendez-vous au croisement des rues Constantine et de l'Université, station de métro Invalides (lignes 8 et 13, RER C).

Dimanche 14/09/2014 à Paris, le Parti Pirate appelle au rassemblement sous une bannière non-partisane derrière laquelle les défenseurs des libertés sont cordialement invité·e·s à se ranger.

L'objectif est d'attirer l'attention sur le projet de loi Cazeneuve, [1] qui au motif de la lutte contre le terrorisme prévoit de nombreuses mesures gravement liberticides : interdiction de sortie du territoire, contournement du juge par l'administration, surveillance généralisée, délit d'opinion… [2]

De plus, le choix d'une procédure accélérée nous interpelle :
« S'agirait-il d'éviter le débat public en instrumentalisant l'actualité au Moyen-Orient ? » s'interroge Thomas Vermorel, porte-parole du Parti Pirate.

L'objectif est de faire front commun face à une loi qui nous concerne toutes et tous, et qui s'inscrit dans la ligne directe instaurée par l'UMP avec les lois HADOPI, LOPPSI… [3] [4] [5]

Contre la criminalisation des mouvements sociaux [6], contre l'État policier dans la rue comme sur Internet, contre les atteintes à l'indépendance de la justice, nous serons dans la rue ce dimanche. Et nous vous invitons à nous rejoindre.

Rendez-vous à 14h30, Esplanade des Invalides (croisement entre les rue de Constantine et rue de l'Université), station de métro Invalides (lignes 8 et 13, RER C).

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Parti Pirate, le 11/09/2014.


Mobilisation contre la Loi Cazeneuve

septembre 5th, 2014

Le Parti Pirate sera présent à la soirée de lancement de la campagne citoyenne contre la loi antiterroriste, organisée par La Quadrature du Net dans les locaux de Mozilla vendredi 5 septembre 2014 de 17h à 19h au 16 bis Boulevard Montmartre, Paris.

Nous appelons également à participer à la manifestation qui aura lieu quelques jours avant le début des débats parlementaires sur la loi Cazeneuve.

Au nom de la lutte contre le terrorisme, nos droits les plus fondamentaux sont continuellement mis en péril par de nouvelles lois souvent écrites dans l'urgence et l'émotion. Les gouvernements agitent des épouvantails qui jettent un dangereux mutisme dans le débat public. La menace serait partout, et tout le monde serait directement menacé.

Ainsi, à écouter le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, la défense des libertés publiques ferait obstacle à la préservation de notre démocratie. Mais que resterait-il donc de la démocratie si nous troquions nos libertés contre une vague illusion de sécurité ?

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« L'argument justifiant les politiques sécuritaires est que si les précédentes n'ont pas été efficaces, c'est parce qu'elles n'allaient pas assez loin, estime Thomas Watanabe-Vermorel, porte-parole du Parti Pirate. C'est un cercle vicieux sans fin ! »

Selon les adeptes des politiques sécuritaires, il faudrait contrevenir à nos principes démocratiques au nom de leur préservation. La présomption de culpabilité remplacerait la présomption d'innocence, la police remplacerait la justice. Jugement serait rendu sans même qu'une loi ne soit enfreinte, sur la base de soupçons ne nécessitant aucune preuves.

Nous nous opposons à un telle conception de la démocratie et de l'État de droit. L'exécutif ne doit en aucun cas remplacer la Justice ; c'est pourtant exactement ce que propose explicitement le projet de loi Cazeneuve.

L'autorité administrative ne doit pas s'approprier le pouvoir judiciaire. Il faut laisser les juges indépendant·e·s rendre justice. Nous éviterons ainsi que les lois antiterroristes soient instrumentalisées à d'autres fins que de poursuivre comme actuellement des activistes et militant·e·s souvent pacifiques.

Nous nous opposons fermement à la criminalisation des mouvements sociaux. Considérant leurs nombreuses contributions aux biens communs, l'intérêt général ne saurait ici se résumer à l'intérêt étatique.

« Nous ne laisserons pas le djihad être instrumentalisé dans le but de porter atteinte aux droits humains et aux processus démocratiques », conclut Ilan Dubois, coordinateur de la campagne pour le Parti Pirate.

Le Parti Pirate appelle donc à rejoindre la soirée de lancement de la campagne citoyenne contre la loi antiterroriste, organisée par La Quadrature du Net dans les locaux de Mozilla vendredi 5 septembre 2014 de 17h à 19h au 16 bis Boulevard Montmartre, Paris.

Une manifestation aura également lieu dans les jours qui précéderont le début des débats parlementaires sur la loi Cazeneuve. Plus de détails seront annoncés lors de la soirée de lancement.
Parti Pirate, le jeudi 4 septembre 2014.

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