Le Parti Pirate demande le droit d’asile pour Julian Assange et les lanceurs d’alerte

juillet 4th, 2015

Le Parti Pirate déplore très vivement la réponse de la Présidence de la République adressant dans la précipitation une fin de non-recevoir à la demande d'appui formulée par Julian Assange dans sa lettre ouverte publiée par le journal Le Monde. Il appelle l'Elysée à reconsidérer sa décision.

Rappelons que Julian Assange est à l'origine de Wikileaks qui a révélé que la NSA espionne massivement les principaux acteurs politiques et économiques de notre pays. Sauf à considérer - débat savoureux - que les ministres et les patrons du CAC 40 sont suspects de terrorisme, force est de constater que l'administration américaine a fortement dépassé le cadre de sa lutte affichée contre les émules de Ben Laden.

Rappelons également qu'il fut un temps où la France s'enorgueillissait de ne pas être un pays comme les autres. Patrie des droits de l'homme, elle savait être frondeuse. On a vu Mitterrand poser ses conditions à Reagan et Jacques Chirac tenir tête à Georges Bush. Si les pirates ne cultivent pas de nostalgie particulière pour ces deux présidents, il leur faut constater que depuis quelques années les choses ont mal évolué.

La France, un pays vassal ?

Depuis 2007, l'attitude de la France est celle de la soumission la plus absolue aux caprices du grand frère américain. En 2013, l'avion d'Evo Morales, président de la Bolivie, a été interdit d'espace aérien français parce qu'on le suspectait de cacher Edouard Snowden dans ses soutes. Et aujourd'hui, c'est Julian Assange qui se voit refuser l'asile dans notre pays.

Cette réponse est lamentable sur les plans humains, éthiques et politiques. Et si elle se veut “pragmatique”, c'est un échec : elle signifie outre-Atlantique que l'espionnage peut se poursuivre. Et que la NSA peut continuer à voler les secrets industriels de notre pays qui pourraient être autant de vecteurs de croissance et d'emplois.

Alors qu'il est de bon ton de se lamenter sur la crise morale que traverse notre société, comment espérer que nos concitoyens croient en leur pays si celui ci se conduit comme un vassal ?

La France ne regagnera l'estime du monde que si elle sait à nouveau faire preuve de courage. Elle ne regagnera le respect des américains que si elle apprend à leur résister. Et, plus important, elle ne retrouvera l'estime d'elle-même que si elle sait faire vivre la devise républicaine : “Liberté, Egalité, Fraternité”.

Pour cela, les postures diplomatiques et politiques ne suffisent pas. Il faut un acte fort.

La France doit être la patrie des lanceurs d'alerte

En 2013, place du Trocadéro, le Parti Pirate a été le seul parti politique à manifester pour demander le droit d'asile à Snowden. Nous renouvelons notre appel qui concerne désormais également Julian Assange. Abriter ces deux hommes qui ont déjà tant sacrifié à la vérité et à la liberté honorerait notre pays. Et ce serait un message puissant dont le Monde, dont les Etats-Unis et dont notre pays ont besoin.

La France doit être le refuge de tous ceux qui combattent et qui dévoilent l'arbitraire et la répression. La France doit être la patrie des lanceurs d'alerte.

Unissons-nous contre une société paranoïaque

juin 25th, 2015

Les pirates usent fréquemment de la référence à “1984” et cette habitude est peut-être devenue une paresse intellectuelle. A l'heure où l'état français met en place un système de surveillance généralisée et que Wikileaks nous apprend que ce même état français est systématiquement espionné par l'état américain, il n'est peut être plus temps d'invoquer Georges Orwell. Nous sommes passés plus loin, dans l'univers de Franz Kafka.

Le monde totalitaire d'Orwell naît après une grande guerre : Big Brother s'impose à une population décimée, effrayée, affamée. Celui de Kafka procède de la grisaille, de la routine, de la bêtise administrative. Impossible de savoir quand il a vraiment commencé.

Et la France de 2015 ? Comment en est-elle arrivée là ?

La loi sur le renseignement qui instaure la surveillance de masse est définitivement adoptée par l'assemblée nationale. On a vu un député essayer de lui ajouter en douce un amendement si scandaleusement xénophobe qu'on ne l'imaginerait même pas au programme du Front National. Et quand Julian Assange nous prouve qu'au centre de ce panopticon infernal se trouve une puissance étrangère - qui pratique la peine de mort, la torture et les assassinats “ciblés” - que disent nos responsables politiques ? Que ce n'est pas grave, que c'est bien naturel, qu'on savait déjà… et qu'il est temps de passer à autre chose…

La liberté française meurt, comme assommée d'opiacés

Ce sont les citoyens de France, de la patrie des droits de l'homme, qui sont dépouillés de leurs droits. Cette effroyable régression démocratique découle t-elle d'une invasion, d'une guerre civile, d'un coup d'état ? Non. Elle se conclue pacifiquement dans la douce torpeur du début de l'été. Et cela ne fait pas beaucoup de bruit. La liberté française meurt gentiment, dans l'indifférence générale, comme assommée d'opiacés.
Personne ne pourra dire qu'il n'était pas au courant, qu'il n'avait pas saisi les enjeux, qu'il ne savait pas ce qui se passait. D'abord - il faut le dire - parce que les médias ont fait leur travail et ont abondamment traité de la loi sur le Renseignement. Ensuite parce que de nombreuses organisations se sont mobilisées : Amnesty International, la Quadrature du Net, la ligue des droits de l'homme, le syndicat de la magistrature, etc.
Le fait est que les manifestations n'ont jamais rassemblé que quelques centaines de participants. Le Parti Pirate était présent à chacune d'entre elles et n'a jamais été ambigu dans sa condamnation radicale de la loi sur le Renseignement. Malgré nos moyens limités, nous avons su être à la pointe de ce qui est la mère de toutes les batailles politiques : sans protection de la vie privée il n'est pas de liberté d'expression et sans liberté d'expression il est illusoire d'espérer mener le moindre combat démocratique.

Ni Georges Orwell, ni Franz Kafka

Nous ne voulons pas d'une société de surveillance qui a par ailleurs - avec le Patriot Act américain - largement prouvé son incapacité à protéger les citoyens. Les formations politiques alternatives et les associations de défense des libertés doivent à présent s'unir pour continuer le combat. Sans front commun, il n'est pas de victoire possible. Rassemblons nous pour restaurer la liberté des français. Ensemble, empêchons notre société de glisser vers l'enfer de Georges Orwell ou le cauchemar de Franz Kafka.

Macron en 49.3 et faillite de la démocratie représentative

juin 16th, 2015

Candidat à l'élection présidentielle, François Hollande était il sincère quand il a promis de ne pas recourir au 49.3 ?

Cette question relève de la conscience d'un président qui est avant tout un homme et nous ne pouvons y répondre. Une chose est sûre : à l'heure où il a fallu passer en force et faire usage de l'article le plus antidémocratique de la constitution, on ne l'a pas vu ni hésiter. Pas une seconde il ne s'est senti lié par sa parole.

C'est la loi Macron, à chaque passage devant l'assemblée, qui a nécessité l'usage de l'article le plus antidémocratique de la constitution française. Une loi de droite votée par une assemblée de gauche, cela s'est pourtant souvent vu. Mais cette fois, entre la barémisation des prudhommes et le travail du dimanche, la couleuvre était difficile à avaler pour les députés socialistes élus sur un programme très différent... et qui, d'ici deux ans, envisagent souvent de se représenter.

Pour nous, pirates, il ne s'agit pas de prendre position pour ou contre tel ou tel des articles de la loi Macron : la méthode nous fait horreur et nous la rejetons en bloc. Étrange objet que cette loi : mélange de mesures d'inspirations libérales mais sans rapport les unes avec les autres. Package douteux où on parle d'auto-école et de tribunaux de commerce, d'épargne salariale et de transport par autocar. Salade composite où un long débat confus accouche d'une absence de vote. Paradoxe ! Si - et parce que - la loi n'a pas de contours, elle a un visage : celui, rayonnant, du ministre des finances, fort beau garçon au sourire charmeur.

On sonde là la profondeur de l'abîme où a sombré la république. Qu'un homme politique qui n'a jamais été élu imprime son nom et son image à un ensemble de lois disparates mais qui vont remodeler durablement le paysage économique et social français, cela est un scandale. Que ces lois soient aux antipodes de ce que veulent les électeurs qui ont élu le chef de l'état est un autre scandale. Mais le plus grave, c'est la manière : les élites qui nous gouvernent ont un tel mépris pour le peuple français qu'elles ne se donnent même plus la peine de respecter la moindre forme démocratique.

La démocratie représentative française a sombré. De ce naufrage, le Parti Pirate prend acte et appelle tous les citoyens à réinventer ensemble une nouvelle façon de faire de la politique, une nouvelle façon de gouverner, une nouvelle façon de vivre ensemble.

Appel aux armes pour lutter contre les lobbys du Copyright

juin 3rd, 2015

Il est maintenant temps de nous unir pour la réforme du droit d'auteur. Il est grand temps de savoir si nous sommes un vrai mouvement, ou juste des gens qui nous amusons a jouer à nous déguiser en Jack Sparrow... Si nous, les Pirates, ne nous levons pas pour combattre aux cotés de Julia Reda, notre seule député européenne, alors le mouvement est mort !

Nous sommes à un moment crucial de la réforme du droit d'auteur en Europe. Nous sommes en guerre contre les lobbies et nous devons être les défenseurs de nos idées. Personne d'autre ne le fera ! Oui, je sais, vous êtes occupé, mais vous savez quoi ? La vie est courte et les copyrights vivront pour toujours. Nous ne savons pas quand nous aurons à nouveau cette chance de faire bouger les lignes. C'est pour cela que nous avons besoin de tous. Nous avons besoin de vous dans l'armada des Pirates ! Si vous pensez que vous êtes un pirate et prêt à en découdre, alors vous devriez considérer de rejoindre le Parti Pirate ou tout autre mouvement similaire.

La campagne en faveur de la réforme du droit d'auteur en Europe est lancée. Vous devez contacter votre député européen pour lui parler de cette réforme et lui demander de la soutenir www.copywrongs.eu/fr

Nous allons utiliser le hashtag #copywrongs autant que possible. Instagram, tweet ou Facebook partout ou cela est possible utiliser ce hashtag #copywrongs.

Quelqu'un chante une chanson d'anniversaire en public ? #copywrongs.

Une photo de la tour Eiffel ? #copywrongs.

Pour les anglophones vous pouvez joindre l'équipe en direct ici : https://www.hipchat.com/gn3ZLYHzc.

Pour les francophones, utilisez les outils du parti pirate.

Si vous n'avez pas beaucoup de temps, essayez au moins d'updater votre bannière Facebook ou twittez, avec n'importe quelle bannière disponible.

Rappelez vous, nous sommes en guerre, nous ne l'avons pas déclarée. Les lobbys l'ont fait. Pour être une armada efficace, nous devons bouger ensemble, agir ensemble, et garder notre regard vers notre objectif final : la liberté de l'information et la réforme du droit archaïque.

Nous devons terrasser le dragon et ne pouvons y parvenir seuls. Nous ne pourrons le faire qu'ensemble. Si vous souhaitez fièrement arborer l'emblème pirate, il est temps d'agir et de nous aider à promouvoir la réforme du droit d'auteur. Voilà pourquoi notre mouvement est né.

Debout Pirates !

Translation from the original : https://discuss.pirateint.org/t/how-to-poke-a-dragon-call-to-arms-for-the-fight-for-copyright-copywrongs/121

Le Parti Pirate soutient le collectif “Colère Lyrique”

mai 12th, 2015

Parce que la création artistique ne peut pas vivre si les artistes ne peuvent pas vivre, le Parti Pirate soutient "Colère Lyrique". Il appelle les employeurs du secteur culturel à respecter la loi et à assumer leurs responsabilités sociales.

“Colère Lyrique” est un collectif de chanteurs lyriques qui lutte contre l'emploi abusif des choeurs amateurs non rémunérés au sein de structures professionnelles subventionnées. Cette pratique se répand de plus en plus et notamment à la Philharmonie de Paris.

C'est scandaleux à bien des égards. L'emploi de choeurs non rémunérés constitue une concurrence déloyale vis à vis d'un métier déjà très fragilisé. S'il est permis de confier le travail de professionnels à des amateurs alors comment vivront ceux qui ont fait du chant leur profession ? Ce dumping social est inacceptable et contraire à la loi.

En tant que travail dissimulé, l'emploi de choristes non rémunérés entraîne un manque à gagner pour la collectivité en terme de charges sociales. C'est une fraude condamnable. Le secteur culturel vit en grande partie de subventions publiques : il devrait être d'autant plus exemplaire en matière de solidarité sociale.

Enfin cette pratique est révélatrice des dérives du secteur culturel français. Rappelons que la restauration de la Philharmonie de Paris était initialement budgettée à 110 millions d'euros : à la livraison l'ardoise monte à 380 millions, entièrement financés par le contribuable, le tout dans une opacité complète. C'est autant d'argent qui aurait pu servir à faire vivre la création artistique, les artistes et leurs familles.

Car au final il s'agit bien de cela : la création artistique ne peut vivre si les artistes ne le peuvent pas. Alors que les adversaires du rapport de la députée européenne Julia Reda ont caricaturé jusqu'à l'outrance la position des pirates, rappelons clairement la position du Parti Pirate : les artistes doivent être rémunérés pour leur travail. Or ce n'est pas le cas dans le cadre actuel de la loi et des pratiques sur le terrain.

La baisse des dotations en matière artistique et culturelle est d'autant plus injuste si le peu qui reste est alloué aux BTP, aux administratifs et à la communication. L'ensemble des règles du secteur sont à revoir. Les subventions publiques doivent être refondues de façon plus démocratique et transparente. Le système des droits d'auteur doit être remanié afin qu'il profite davantage aux créateurs et au public et moins aux intermédiaires marchands et aux ayants droits.

Le Parti Pirate soutient le collectif “Colère Lyrique” et invite les employeurs du secteur culturel à respecter la loi. Il appelle Madame Pellerin, ministre de la culture, à s'intéresser au sort des choristes professionnels. Ces artistes, moins introduits que les puissants lobbies de l'édition, n'en constituent pas moins un élément essentiel dans la vie culturelle française.

Pour plus d'informations sur Colère Lyrique :
http://www.mesopinions.com/petition/art-culture/contre-emploi-abusif-ch-urs-amateurs/13354

Pour la position du Parti Pirate sur le droit d'auteur
http://reformonsledroitdauteur.eu

La Commission Européenne ne tient pas ses promesses sur le Marché Unique Numérique

mai 6th, 2015

Julia Reda, députée Européenne du Parti Pirate et vice-présidente du groupe Verts/ALE au Parlement Européen, exprime de sérieux doutes sur la stratégie pour le Marché Unique Numérique présentée aujourd'hui par la Commission Européenne

Se limiter à créer du "roaming pour Netflix", soit la portabilité pour des prestataires établis, ne mettra pas fin aux pratiques discriminatoires du géo-blocage des contenus sur le web. Quand les utilisateurs d'Internet buttent aujourd'hui sur ce message - malheureusement connu de tous : "cette vidéo n'est pas disponible dans votre pays", les œuvres auxquelles ils tentent d'accéder sont souvent non disponibles à la vente mais financées grâce à la publicité ou à des subventions publiques. Étant donné que l'action proposée dans la Stratégie Numérique de la Commission ne s'applique qu'aux "contenus légalement achetés ou acquis", ce problème restera un obstacle dans la vie des Européens.

La Commission Européenne a négligé d'inclure les organismes publics de radio et télédiffusion dans ses plans, ce qui nuira particulièrement aux minorités linguistiques, qui se voient régulièrement refuser l'accès à des contenus culturels au-delà des frontières. Appliquée à des biens physiques, cette situation serait impensable. Il n'est pas défendable de reconstruire artificiellement des frontières nationales au sein d'un marché commun et sur un media transnational. Dans l'intérêt de tous, un Internet sans barrières et sans discriminations n'est pas négociable !

Il est regrettable que la stratégie ne propose aucune harmonisation significative pour le droit d'auteur et les droits voisins. Le Commissaire Andrus Ansip, en évitant de s'attaquer aux causes sous-jacentes, particulièrement la fragmentation en 28 différentes législations avec différents catalogues d'interprétations, d'exceptions et de limites, n'a pas appliqué les instructions du Président Juncker de "briser les cloisonnements nationaux dans le droit d'auteur et les droits voisins". Ces 28 législations continueront d'entraver les échanges culturels transfrontaliers en Europe. L'activité quotidienne des gens sur Internet demeurera embourbée dans une incertitude politique – du partage de ses propres photos de monuments publics sur Internet aux pratiques culturelles modernes telles que la citation d'œuvres audiovisuelles.

Sur ces points, la Commission ignore la vaste majorité de ceux qui ont répondu à la consultation sur le droit d'auteur et les droits voisins qu'elle a menée l'an dernier. Elle tourne également tragiquement le dos aux bibliothèques et archives qui demandent une réforme afin de leur permettre de réaliser leur mission d'intérêt public à l'ère numérique. La Commission refuse de prendre en compte les appels des startups européennes pour lesquelles la fragmentation représente une barrière à leur développement pour concurrencer les géants américains d'internet. La Commission ne parvient pas à garantir au niveau européen la protection des auteurs contre les contrats abusifs et n'assure pas l'accès à la culture pour les utilisateurs avec handicaps.

La Commission Juncker continue de critiquer les plateformes en ligne étrangères, annonçant un vaste examen de leurs pratiques dans la Stratégie. Alors qu'une concurrence saine sur Internet est un objectif louable, l'introduction, comme l'envisage la Commission, d'une obligation de diligence à la charge des intermédiaires risque de créer un retour de flamme et d'asseoir la domination des géants d'Internet. Selon les documents de la Commission que j'ai vus jusqu'à présent, les intentions concernant l'introduction d'une telle responsabilité incluent l'obligation pour les plateformes de contenus de fouiller les contenus des utilisateurs à la recherche d'informations illégales. Cela empirerait la surveillance généralisée, privatiserait l'application de la loi à des compagnies souvent étrangères et créerait une barrière importante à l'entrée du marché des intermédiaires, empêchant ainsi la concurrence.

Enfin, les déclarations récentes émanant du Commissaire Oettinger défendant le géo-blocage – allant même jusqu'à appeler un journaliste "Taliban" après que ce dernier ait tenté de lui expliquer la futilité du principe – posent de sérieux doutes sur le consensus au sein de la Commission. L'efficacité, voire la viabilité, de la structure voulue par M. Juncker pour la Commission va être mise à l'épreuve : le Vice-Président Ansip peut-il garantir que la Commission parle d'une seule voix sur la question du Marché Unique du Numérique ?

Le Parti Pirate appelle à la résistance

mai 5th, 2015

C'est sans surprise mais avec une profonde angoisse que le Parti Pirate prend acte du vote des députés : par une large majorité l'assemblée nationale a voté la loi sur le Renseignement.

On croyait le quinquennat de François Hollande condamné à l'insignifiance. Mais le 5 mai 2015, avec le vote de la loi sur le renseignement, il devient historique ! Il est le mandat de la défaite de la liberté des français...

En instrumentalisant le terrorisme à des fins démagogiques et en mettant en place une société de contrôle aux accents orwelliens, le gouvernement socialiste termine de clouer le cercueil de la démocratie représentative. Peu importe que les électeurs qui, en 2012, ont voté contre Nicolas Sarkozy ne l'aient pas fait pour que François Hollande empire la politique liberticide de son prédécesseur. Peu importe que les associations et les professionnels, de la quadrature du net à la CGT Police, dénoncent l'inefficacité annoncée de la loi sur le Renseignement. Peu importe enfin que l'amputation des libertés des français soit une victoire incontestable pour les terroristes, eux qui sont les ennemis déclarés des droits de l'homme.

La cinquième république est privée de légitimité et embourbée dans les affaires. Pour assurer sa survie, le système se défait de ses derniers atours démocratiques et mute vers le totalitarisme. Que la dictature ne soit pas encore une réalité est un fait mais c'est un fait aussi que tous les outils de la dictature se mettent en place. Et quand on pense que l'extrême droite n'a jamais été aussi proche du pouvoir, alors nous viennent de véritables visions de cauchemars !

Bien sûr il y aura un vote au Sénat mais il faudrait être naïf pour en espérer grand chose. Aujourd'hui, le Parti Pirate appelle les citoyens à entrer en résistance. Il appartient aux collectifs du logiciel libre de concevoir et de créer les outils qui permettront d' échapper à la surveillance du gouvernement. Il appartient aux associations de diffuser ces outils et de former les citoyens à leur utilisation. Il appartient aux médias, officiels et amateurs, de relayer l'information sur tous les canaux. Il appartient aux partis politiques alternatifs de proposer un autre projet de société que celui de la société de surveillance.

Ce mardi 5 mai 2015, à l'assemblée nationale, les défenseurs de la liberté ont perdu une bataille. Mais tant que nous resterons mobilisés, nous n'aurons pas perdu la guerre.

Projet de loi Renseignement

avril 13th, 2015

Mesdames et messieurs les députés, cédant aux sirènes démagogiques d'un discours sécuritaire, certains d'entre vous ont pu, dans la confusion qui a suivi la tragédie du mois de janvier, envisager l'effroyable crime qui consiste à supprimer le premier et le plus beau des mots de notre devise nationale. A ceux-là nous demandons de se reprendre. Qu'est-ce que la France, que sont les Français sans leur liberté ?

Aux autres, qui ont toujours gardé la tête froide, le Parti pirate signifie son soutien et demande de tout mettre en œuvre pour raisonner leurs collègues. Le fait est qu'on ne fera pas reculer le terrorisme avec des lois mais en renforçant les moyens de la justice. De toutes façons, le terrorisme n'est ici qu'un prétexte : pêle-mêle sont désormais concernés les sites de prostitution, pro-anorexie ou critiquant le gouvernement… Jusqu'où iront-ils ? Le contrôle n'est pas le moyen, c'est l'objectif !

Messieurs et mesdames les députés, vous qui avez la charge du destin du peuple français, rappelez-vous au moment de voter pour ou contre la loi sur le renseignement que vous serez comptables devant l'Histoire. Et rappelez vous également cette devis de Périclès : "Il n'est pas de bonheur sans liberté ni de liberté sans courage".

Outils pour communiquer

Vous pouvez trouver plus d'informations sur [le site de campagne] et si vous disposez d'un site internet, vous pouvez ajouter un bandeau en ajoutant (ou en modifiant) ce script (sur l'idée de jcfrog)


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