Le Parti Pirate soutient le collectif “Colère Lyrique”

mai 12th, 2015

Parce que la création artistique ne peut pas vivre si les artistes ne peuvent pas vivre, le Parti Pirate soutient "Colère Lyrique". Il appelle les employeurs du secteur culturel à respecter la loi et à assumer leurs responsabilités sociales.

“Colère Lyrique” est un collectif de chanteurs lyriques qui lutte contre l'emploi abusif des choeurs amateurs non rémunérés au sein de structures professionnelles subventionnées. Cette pratique se répand de plus en plus et notamment à la Philharmonie de Paris.

C'est scandaleux à bien des égards. L'emploi de choeurs non rémunérés constitue une concurrence déloyale vis à vis d'un métier déjà très fragilisé. S'il est permis de confier le travail de professionnels à des amateurs alors comment vivront ceux qui ont fait du chant leur profession ? Ce dumping social est inacceptable et contraire à la loi.

En tant que travail dissimulé, l'emploi de choristes non rémunérés entraîne un manque à gagner pour la collectivité en terme de charges sociales. C'est une fraude condamnable. Le secteur culturel vit en grande partie de subventions publiques : il devrait être d'autant plus exemplaire en matière de solidarité sociale.

Enfin cette pratique est révélatrice des dérives du secteur culturel français. Rappelons que la restauration de la Philharmonie de Paris était initialement budgettée à 110 millions d'euros : à la livraison l'ardoise monte à 380 millions, entièrement financés par le contribuable, le tout dans une opacité complète. C'est autant d'argent qui aurait pu servir à faire vivre la création artistique, les artistes et leurs familles.

Car au final il s'agit bien de cela : la création artistique ne peut vivre si les artistes ne le peuvent pas. Alors que les adversaires du rapport de la députée européenne Julia Reda ont caricaturé jusqu'à l'outrance la position des pirates, rappelons clairement la position du Parti Pirate : les artistes doivent être rémunérés pour leur travail. Or ce n'est pas le cas dans le cadre actuel de la loi et des pratiques sur le terrain.

La baisse des dotations en matière artistique et culturelle est d'autant plus injuste si le peu qui reste est alloué aux BTP, aux administratifs et à la communication. L'ensemble des règles du secteur sont à revoir. Les subventions publiques doivent être refondues de façon plus démocratique et transparente. Le système des droits d'auteur doit être remanié afin qu'il profite davantage aux créateurs et au public et moins aux intermédiaires marchands et aux ayants droits.

Le Parti Pirate soutient le collectif “Colère Lyrique” et invite les employeurs du secteur culturel à respecter la loi. Il appelle Madame Pellerin, ministre de la culture, à s'intéresser au sort des choristes professionnels. Ces artistes, moins introduits que les puissants lobbies de l'édition, n'en constituent pas moins un élément essentiel dans la vie culturelle française.

Pour plus d'informations sur Colère Lyrique :
http://www.mesopinions.com/petition/art-culture/contre-emploi-abusif-ch-urs-amateurs/13354

Pour la position du Parti Pirate sur le droit d'auteur
http://reformonsledroitdauteur.eu

La Commission Européenne ne tient pas ses promesses sur le Marché Unique Numérique

mai 6th, 2015

Julia Reda, députée Européenne du Parti Pirate et vice-présidente du groupe Verts/ALE au Parlement Européen, exprime de sérieux doutes sur la stratégie pour le Marché Unique Numérique présentée aujourd'hui par la Commission Européenne

Se limiter à créer du "roaming pour Netflix", soit la portabilité pour des prestataires établis, ne mettra pas fin aux pratiques discriminatoires du géo-blocage des contenus sur le web. Quand les utilisateurs d'Internet buttent aujourd'hui sur ce message - malheureusement connu de tous : "cette vidéo n'est pas disponible dans votre pays", les œuvres auxquelles ils tentent d'accéder sont souvent non disponibles à la vente mais financées grâce à la publicité ou à des subventions publiques. Étant donné que l'action proposée dans la Stratégie Numérique de la Commission ne s'applique qu'aux "contenus légalement achetés ou acquis", ce problème restera un obstacle dans la vie des Européens.

La Commission Européenne a négligé d'inclure les organismes publics de radio et télédiffusion dans ses plans, ce qui nuira particulièrement aux minorités linguistiques, qui se voient régulièrement refuser l'accès à des contenus culturels au-delà des frontières. Appliquée à des biens physiques, cette situation serait impensable. Il n'est pas défendable de reconstruire artificiellement des frontières nationales au sein d'un marché commun et sur un media transnational. Dans l'intérêt de tous, un Internet sans barrières et sans discriminations n'est pas négociable !

Il est regrettable que la stratégie ne propose aucune harmonisation significative pour le droit d'auteur et les droits voisins. Le Commissaire Andrus Ansip, en évitant de s'attaquer aux causes sous-jacentes, particulièrement la fragmentation en 28 différentes législations avec différents catalogues d'interprétations, d'exceptions et de limites, n'a pas appliqué les instructions du Président Juncker de "briser les cloisonnements nationaux dans le droit d'auteur et les droits voisins". Ces 28 législations continueront d'entraver les échanges culturels transfrontaliers en Europe. L'activité quotidienne des gens sur Internet demeurera embourbée dans une incertitude politique – du partage de ses propres photos de monuments publics sur Internet aux pratiques culturelles modernes telles que la citation d'œuvres audiovisuelles.

Sur ces points, la Commission ignore la vaste majorité de ceux qui ont répondu à la consultation sur le droit d'auteur et les droits voisins qu'elle a menée l'an dernier. Elle tourne également tragiquement le dos aux bibliothèques et archives qui demandent une réforme afin de leur permettre de réaliser leur mission d'intérêt public à l'ère numérique. La Commission refuse de prendre en compte les appels des startups européennes pour lesquelles la fragmentation représente une barrière à leur développement pour concurrencer les géants américains d'internet. La Commission ne parvient pas à garantir au niveau européen la protection des auteurs contre les contrats abusifs et n'assure pas l'accès à la culture pour les utilisateurs avec handicaps.

La Commission Juncker continue de critiquer les plateformes en ligne étrangères, annonçant un vaste examen de leurs pratiques dans la Stratégie. Alors qu'une concurrence saine sur Internet est un objectif louable, l'introduction, comme l'envisage la Commission, d'une obligation de diligence à la charge des intermédiaires risque de créer un retour de flamme et d'asseoir la domination des géants d'Internet. Selon les documents de la Commission que j'ai vus jusqu'à présent, les intentions concernant l'introduction d'une telle responsabilité incluent l'obligation pour les plateformes de contenus de fouiller les contenus des utilisateurs à la recherche d'informations illégales. Cela empirerait la surveillance généralisée, privatiserait l'application de la loi à des compagnies souvent étrangères et créerait une barrière importante à l'entrée du marché des intermédiaires, empêchant ainsi la concurrence.

Enfin, les déclarations récentes émanant du Commissaire Oettinger défendant le géo-blocage – allant même jusqu'à appeler un journaliste "Taliban" après que ce dernier ait tenté de lui expliquer la futilité du principe – posent de sérieux doutes sur le consensus au sein de la Commission. L'efficacité, voire la viabilité, de la structure voulue par M. Juncker pour la Commission va être mise à l'épreuve : le Vice-Président Ansip peut-il garantir que la Commission parle d'une seule voix sur la question du Marché Unique du Numérique ?

Le Parti Pirate appelle à la résistance

mai 5th, 2015

C'est sans surprise mais avec une profonde angoisse que le Parti Pirate prend acte du vote des députés : par une large majorité l'assemblée nationale a voté la loi sur le Renseignement.

On croyait le quinquennat de François Hollande condamné à l'insignifiance. Mais le 5 mai 2015, avec le vote de la loi sur le renseignement, il devient historique ! Il est le mandat de la défaite de la liberté des français...

En instrumentalisant le terrorisme à des fins démagogiques et en mettant en place une société de contrôle aux accents orwelliens, le gouvernement socialiste termine de clouer le cercueil de la démocratie représentative. Peu importe que les électeurs qui, en 2012, ont voté contre Nicolas Sarkozy ne l'aient pas fait pour que François Hollande empire la politique liberticide de son prédécesseur. Peu importe que les associations et les professionnels, de la quadrature du net à la CGT Police, dénoncent l'inefficacité annoncée de la loi sur le Renseignement. Peu importe enfin que l'amputation des libertés des français soit une victoire incontestable pour les terroristes, eux qui sont les ennemis déclarés des droits de l'homme.

La cinquième république est privée de légitimité et embourbée dans les affaires. Pour assurer sa survie, le système se défait de ses derniers atours démocratiques et mute vers le totalitarisme. Que la dictature ne soit pas encore une réalité est un fait mais c'est un fait aussi que tous les outils de la dictature se mettent en place. Et quand on pense que l'extrême droite n'a jamais été aussi proche du pouvoir, alors nous viennent de véritables visions de cauchemars !

Bien sûr il y aura un vote au Sénat mais il faudrait être naïf pour en espérer grand chose. Aujourd'hui, le Parti Pirate appelle les citoyens à entrer en résistance. Il appartient aux collectifs du logiciel libre de concevoir et de créer les outils qui permettront d' échapper à la surveillance du gouvernement. Il appartient aux associations de diffuser ces outils et de former les citoyens à leur utilisation. Il appartient aux médias, officiels et amateurs, de relayer l'information sur tous les canaux. Il appartient aux partis politiques alternatifs de proposer un autre projet de société que celui de la société de surveillance.

Ce mardi 5 mai 2015, à l'assemblée nationale, les défenseurs de la liberté ont perdu une bataille. Mais tant que nous resterons mobilisés, nous n'aurons pas perdu la guerre.

Projet de loi Renseignement

avril 13th, 2015

Mesdames et messieurs les députés, cédant aux sirènes démagogiques d'un discours sécuritaire, certains d'entre vous ont pu, dans la confusion qui a suivi la tragédie du mois de janvier, envisager l'effroyable crime qui consiste à supprimer le premier et le plus beau des mots de notre devise nationale. A ceux-là nous demandons de se reprendre. Qu'est-ce que la France, que sont les Français sans leur liberté ?

Aux autres, qui ont toujours gardé la tête froide, le Parti pirate signifie son soutien et demande de tout mettre en œuvre pour raisonner leurs collègues. Le fait est qu'on ne fera pas reculer le terrorisme avec des lois mais en renforçant les moyens de la justice. De toutes façons, le terrorisme n'est ici qu'un prétexte : pêle-mêle sont désormais concernés les sites de prostitution, pro-anorexie ou critiquant le gouvernement… Jusqu'où iront-ils ? Le contrôle n'est pas le moyen, c'est l'objectif !

Messieurs et mesdames les députés, vous qui avez la charge du destin du peuple français, rappelez-vous au moment de voter pour ou contre la loi sur le renseignement que vous serez comptables devant l'Histoire. Et rappelez vous également cette devis de Périclès : "Il n'est pas de bonheur sans liberté ni de liberté sans courage".

Outils pour communiquer

Vous pouvez trouver plus d'informations sur [le site de campagne] et si vous disposez d'un site internet, vous pouvez ajouter un bandeau en ajoutant (ou en modifiant) ce script (sur l'idée de jcfrog)


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